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FORET DOMANIALE DE NOTRE DAME DE PARLATGE A SAINT ETIENNE DE GOURGAS CHIENS DE MADAME LAURENSE ALM20200519B2

Avec ses chiens, une lodévoise fait de la forêt domaniale une dangereuse zone de non droit

Depuis 10 ans, les incidents s’enchaînent entre Élizabeth Laurense et la population. La tension est encore montée d’un cran récemment. Explications.

Quinze jours après, Noémie est toujours traumatisée.  » J’étais allée me promener vers 13 h 15, avec mon chien, le 5 mai « , raconte la jeune femme de 22 ans, vivant sur la commune de Saint-Étienne-de-Gourgas.

« J’étais à cinq minutes de chez moi, lorsqu’un 4×4 m’a dépassé avec des chiens qui couraient derrière. Ils nous ont encerclés en nous aboyant dessus. La propriétaire a essayé de les rappeler, ils ne l’ont pas écouté. Un chien m’a mordu à la fesse, puis un autre au menton. Heureusement une dame passait sur le chemin en voiture, s’est arrêtée et nous a fait monter ». Alertés, les pompiers ont pris en charge la victime vers l’hôpital de Lodève.

Une piste d’exploitation

Dans notre édition du 14 mai dernier, nous relations les problèmes posés par la divagation des chiens d’Élizabeth Laurense. Cette attaque de plus, avec des blessures, c’est ce que redoutait le maire, Jean-Luc Requi. « Les agressions vis-à-vis des agents de l’ONF, des agents municipaux ou des promeneurs sont fréquentes », réagit-il. « Il faut louer leur patience et leur civisme pour supporter, depuis des années, ces dérives ».

Depuis, un nouvel incident s’ajoute à la longue liste de ce qui est reproché à cette Hollandaise de 59 ans qui ne tolère personne, même sur les chemins communaux bordant sa propriété. Munie d’une barre de fer, elle s’est interposée, avec ses chiens, devant un engin travaillant pour l’Office National des Forêts. Et il a fallu une énième intervention de la gendarmerie.

« Son terrain est en lisière des 2 500 hectares de la forêt Domaniale de Notre-Dame-de-Parlatges qui s’étend sur six communes, 4 tènements », explique Julien Carette, l’agent de l’ONF chargé du secteur. « Il est à proximité d’un GR très fréquenté, et traversé par une piste d’exploitation qui part de la maison forestière de Larcho. Nos services l’empruntent souvent, comme les pompiers, les forestiers et les ayants droit, agents communaux, chasseurs, riverains. C’est la seule voie qui permet d’accéder au cœur du massif et de désenclaver des propriétés privées ».

Un dossier complexe dont hérite depuis janvier, le nouveau sous-préfet de Lodève, Jean-François Moniotte : « Je suis en train de le découvrir. J’ai déjà eu le maire au téléphone, et nous avons rendez-vous en mairie de Saint-Étienne-de-Gourgas le 26 mai avec tous les acteurs. Je verrais ensuite avec les gendarmes et le procureur ce qu’on peut faire ».

Dialogue impossible

Franck Decanis devrait y participer. Comme beaucoup de Stéphanois, le président de la diane locale est pressé de rétablir certaines vérités, documents à l’appui. « Nous avons un bail avec l’ONF qui a gagné son procès en appel contre cette dame en 2012. Cela nous autorise à emprunter la piste traversant sa propriété », souligne cet ancien gendarme en retraite. « J’ai essayé plusieurs fois de dialoguer, de la raisonner. En vain. De par mon métier, j’ai insisté pour que nos chasseurs respectent strictement le règlement, et n’aillent surtout pas au contact malgré ses provocations ».

Quant aux accusations de Mme Laurense, Franck Decanis est catégorique : « C’est totalement faux, et je n’ai pas connaissance de plaintes. Par contre, des plaintes et des mains courantes en gendarmerie, il y en a à la pelle contre elle… » Comme celle de Noémie, arrivée en début d’année sur Saint-Etienne, qui ne connaissait pas ces histoires et qui n’était pas sur la propriété de Mme Laurense, lorsqu’elle a été blessée par ses chiens le 5 mai dernier.

Lancée en décembre 2019 par des riverains, une pétition a recueilli 100 signatures dont 56 assorties de témoignages manuscrits relatant divers incidents. Elle alerte les pouvois publics et a été envoyée au maire, à la gendarmerie, au sous-préfet de Lodève et au procureur de la République.

Une succession de problèmes

De nombreux faits ont été relevés depuis 2009, date de l’arrivée de Mme Laurense. Quelques-uns plus marquants. Ainsi, en 2012, un conflit avec l’ONF se termine au tribunal de Grande Instance de Montpellier après un barrage bloquant l’accès de la piste traversant sa propriété. Au printemps/été 2013, ses chiens ont attaqué deux troupeaux d’ovins. D’abord à Saint-Privat, de l’autre côté de la montagne, où 14 brebis ont été tuées.

Un mois plus tard, à La Roque (entre Saint-Etienne et Saint-Pierre-de-la-Fage) en bordure du Larzac, 20 brebis et agneaux ont été blessés, dont 10 mortellement lors d’une attaque dans un parc fermé. En septembre de la même année, un randonneur venant du bassin de Thau a reçu un coup de fourche dans le mollet, qui a valu garde à vue et expertise psychiatrique à son auteur. Cela en plus des dégradations d’arbres, de biens publics et de véhicules, de menaces, ou de vols de colliers de chiens… Le plus souvent hors de sa propriété.

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