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Cancer du sein : Certains polluants favoriseraient le développement de métastases

L’Inserm travaille actuellement sur les causes de l’aggravation de cette tumeur, qui a provoqué le décès de 600.000 personnes dans le monde en 2018

Le cancer du sein est un enjeu majeur de santé publique avec plus de deux millions de nouveaux cas diagnostiqués et plus de 600.000 décès dans le monde en 2018. Toute nouvelle avancée dans la recherche contre la maladie apparaît donc essentielle.

Selon de récents travaux préliminaires de chercheurs de l’Inserm publiés dans le journal spécialisé Environment International, des polluants persistants comme la dioxine et les PCB pourraient favoriser le développement de métastases du cancer du sein.

Les POPs favoriseraient les métastases

De récentes études ont déjà suggéré que l’exposition à des polluants organiques persistants, ou POPs (polluants environnementaux, perturbateurs endocriniens et/ou carcinogènes que l’organisme ne peut éliminer), qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire, serait un facteur de risque du cancer du sein.

Pour évaluer l’influence de ces POPs sur le niveau d’agressivité du cancer, les chercheurs ont mesuré la concentration de 49 d’entre eux, dont la dioxine de Seveso (un déchet des produits d’incinération) et plusieurs PCB (générés par divers processus industriels) dans des échantillons de graisse environnant le cancer du sein de 91 femmes. L’analyse biologique et statistique met ainsi en évidence une association entre la présence de métastases à distance de la tumeur – un marqueur d’agressivité du cancer – et la concentration en dioxine dans les tissus adipeux des femmes en surpoids.

Plus de risques de récidive

Chez toutes les patientes, la concentration en dioxine et en PCB apparaît associée à la taille de la tumeur ainsi qu’au niveau d’invasion et au stade métastatique des ganglions lymphatiques. Les femmes avec de plus grandes concentrations de PCB avaient un plus grand risque de récidive. Ces résultats suggèrent que plus la concentration en POPs dans le tissu adipeux est élevée, plus le cancer du sein est agressif, en particulier chez les femmes en surpoids.

D’après l’une des hypothèses susceptibles d’expliquer ces résultats, la dioxine et certains PCB enverraient un signal qui favoriserait la migration des cellules cancéreuses, donc les métastases. L’étude, « préliminaire » « ne permet pas de tirer des conclusions fermes » sur le lien entre POPs et agressivité du cancer du sein, précisent toutefois les chercheurs. Des recherches sur un plus grand nombre de patientes devraient fournir des résultats statistiques plus représentatifs.

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