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Confinement : des dizaines de prostituées jetées à la rue à la frontière franco-espagnole

Alors qu’un confinement très strict est appliqué en Catalogne, certaines catégories de la population sont oubliées par les autorités. C’est le cas des prostituées de La Jonquera. Avec la fermeture des clubs, plusieurs dizaines d’entre elles se retrouvent à la rue, menacées par le Covid-19.

C’est l’un des effets du confinement très strict imposé par le gouvernement espagnol. Plusieurs dizaines de prostituées travaillant dans le village de la Jonquera à la frontière avec la France se sont retrouvées du jour au lendemain à la rue, sans possibilité de se confiner

Ces femmes étaient logées sur leur lieu de travail, au sein du club de prostitution de la commune, connu pour être l’un des plus importants d’Europe, et fréquenté essentiellement par des Français venus de toute l’Occitanie. Avec les mesures de confinement, le club a fermé et le propriétaire n’a donné que quelques heures aux prostituées pour quitter les lieux. Entre 80 et 100 femmes se sont donc retrouvées livrées à elles-mêmes, avec leurs valises, dans un village complètement déserté, à cause de l’épidémie.

Obligées de travailler, même avec le Covid-19

Certaines prostituées ont pu être aidées par des associations, d’autres sont reparties dans leur pays, mais une majorité se retrouve aujourd’hui dans une situation très difficile, sans moyen pour vivre et se confiner. Selon nos informations, certaines d’entre elles, sous la menace de leurs proxénètes, seraient toujours contraintes de se prostituer, malgré le risque de l’épidémie de coronavirus.

Les oubliées du confinement

L’association de défense des droits des femmes,  Genera qui vient en aide aux prostituées de la plaine de l’Empordà a mis en place une ligne téléphonique pour ces femmes qui sont nombreuses à appeler pour demander de l’aide. « Elles ont besoin d’un soutien social, beaucoup d’entre elles ont peur de l’épidémie et elles n’ont même pas de quoi se confiner« , explique Clarisa Velocci, l’une des responsables de l’association. Genera met en cause les autorités, qui « n’ont rien mis en place pour accueillir ces femmes, chassées de leur hôtel« . 

« Le pouvoir politique n’a pas pris en compte la situation de ces femmes. Pourtant elles ont des droits comme tout citoyen. Si des touristes avaient été bloqués à la frontière sans possibilité de se confiner,  je suis sûre que les politiques auraient pris des mesures très rapides. Mais là rien n’a été fait. La police municipale est juste venue vérifier que l’hôtel était bien fermé. » (Clarisa Velocci, association Genera).

La plaine de l’Empordà compte une quinzaine de clubs de prostitution. Avec le confinement, tous ont fermé, mais contrairement à celui de la Jonquera, la plupart ont autorisé les prostituées à rester confinées sur place, sans pouvoir travailler.

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