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Coronavirus (Lorraine) : Infirmière à l’hôpital, la brigade de gendarmerie de son conjoint l’oblige à quitter la caserne.

Sophie, infirmière et considérée comme personne « à risques« , s’est vue forcée de quitter la caserne où elle vivait avec son conjoint, gendarme en Lorraine.

Gendarme, il veille au bon respect des règles de confinementInfirmière instrumentiste en salle d’opération, elle, sauve des vies. De prime abord, voici des professions qui n’ont rien d’incompatible. Du moins, c’était le cas lorsque l’épidémie de Covid-19 ne s’était pas encore installée sur le territoire.

Pour Sophie* et Vincent*, qui vivent en Lorraine, l’allocution présidentielle du 16 mars 2020 n’a en effet pas été sans conséquences. De part les déplacements qu’elle effectue chaque jour mais aussi la nature de son métier, Sophie s’est vue forcée de quitter la caserne où elle résidait avec son conjoint et ses deux petites filles. Un véritable crève-cœur pour cette femme active qui, en plus de l’atmosphère anxiogène du moment, doit vivre loin de celui qu’elle aime.

La brigade ne veut pas « perdre un membre effectif de la gendarmerie »

Dans le logement de fonction que la petite famille occupait, Vincent se retrouve désormais seul. Considérée comme « personne à risques » car infirmière, Sophie, sa conjointe, a reçu l’ordre de quitter au plus vite la brigade.

Une fois les mesures de confinement annoncées, on m’a demandé de retourner là où je vivais avant d’habiter en caserne. La raison ? Je suis infirmière, un métier à risques, et j’ai des « chances » de contracter le coronavirus.

En vérité, ce n’est pas tant l’état de santé de Sophie qui inquiète la gendarmerie mais plutôt celui de son conjoint. Malade, la jeune maman pourrait en effet contaminer Vincent. Une situation impensable pour la brigade qui ne veut pas « perdre un membre effectif de la gendarmerie ».

Forcée de retourner vivre dans son ancienne maison

Pour Sophie, en plus de la tristesse liée à la séparation, il a vite fallu s’organiser. Par chance, propriétaire d’une maison, elle a pu très vite s’installer malgré quelques inconvénients :

J’ai pu retourner dans ma maison mais celle-ci étant inhabitée, il a fallu rapatrier mes vêtements, certains meubles ou encore prendre un abonnement internet. Sans oublier les courses, que nous venions d’ailleurs de faire pour quinze jours…

La question de la garde des enfants s’est également très vite posée. Si Sophie avait jusque-là calqué ses horaires avec ceux de Vincent, cette situation inattendue l’a obligée à se mettre en arrêt.

Des appels vidéo pour se retrouver

Pour la jeune maman, cet épisode est vécu comme « une injustice ». Elle déclare :

On ressent une forme d’injustice car on se protège, on prend toutes les dispositions… Les autres peuvent être confinés en famille mais nous non. Et lorsque l’on voit tous ces gens qui ne respectent pas les mesures de confinement, on a peur que celles-ci perdurent et d’être séparés plus longtemps. 

Heureusement, les appels vidéo ne sont eux pas interdits et permettent à la petite famille de retrouver un peu de gaieté. Des instants essentiels pour Sophie et Vincent qui les déconnectent durant un temps de la dur réalité du monde extérieur. 

*Les prénoms ont été modifiés pour assurer l’anonymat du couple.

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