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Covid-19 : la Seine-Saint-Denis face à une mortalité « exceptionnelle »

En Seine-Saint-Denis, c’est une véritable explosion: entre le 21 et le 27 mars, les décès ont bondi de +63% par rapport à la semaine précédente.

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de covid-19, les autorités ont publié vendredi des chiffres montrant un « excès de mortalité exceptionnel » en Seine-Saint-Denis, territoire le plus pauvre de métropole où des pompes funèbres « débordées » disent « n’avoir jamais vu ça ». 

Plusieurs départements français fortement touchés par la pandémie ont enregistré une mortalité en forte hausse, selon des chiffres provisoires de l’Insee. Mais, en Seine-Saint-Denis, c’est une véritable explosion: entre le 21 et le 27 mars, les décès ont bondi de +63% par rapport à la semaine précédente. Un niveau « exceptionnel », souligné jeudi soir par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Pour comparaison, la hausse atteint 32% à Paris et 47% dans le département voisin du Val-Oise. 

Des entreprises de pompes funèbres débordées

La direction de la Santé dit « ne pas avoir d’explication dans l’immédiat » quant à ces chiffres, d’autant plus étonnants que le nombre de décès à l’hôpital est plus faible en Seine-Saint-Denis que dans les autres territoires d’Ile-de-France. Un hiatus que le transfert de malades vers d’autres hôpitaux ne saurait expliquer.  

Les entreprises de pompes funèbres évoquent de « nombreux cas de morts à domicile et dans les maisons de retraite ». « On est tous complètement débordés, je n’ai jamais vu ça! C’est catastrophique. Même la canicule de 2003, c’est incomparable », témoigne un patron du secteur.  

« En Seine-Saint-Denis, il y a plus de morts car il y a plus de contaminés, tout simplement », dit Frédéric Adnet, chef du Samu 93. Dans le département de 1,6 million d’habitants, l’un des plus denses de France, « le virus circule beaucoup plus facilement qu’ailleurs », ajoute-t-il.  

L’épidémie exacerbée dans les quartiers populaires

« Le confinement est complexe dans les territoires défavorisés comme le nôtre, où il y a beaucoup de familles nombreuses dans des petits logements, des foyers de travailleurs migrants, des bidonvilles », explique l’urgentiste. « On sait que les maladies infectieuses touchent plus durement les plus précaires, car la transmission est plus facile, et qu’ils sont plus difficiles à suivre », poursuit-il.  

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