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Covid-19 : l’inquiétude renaît pour la réouverture des marchés asiatiques d’animaux sauvages.

Plusieurs médias britanniques évoquent la réouverture de marchés chinois avec la présence d’animaux sauvages malgré l’interdiction annoncée par le pays. Parmi ces espèces, des chauves-souris seraient notamment à nouveau vendues à la consommation. Quel crédit apporter à ces soupçons ? interrogé certains experts internationaux parmi les grandes ONG de protection animale.

« N’apprendront-ils jamais ? » Les médias britanniques ne prennent pas de gants pour fustiger la réouverture des marchés chinois, quelques mois après la désignation du marché de Wuhan, comme probable épicentre de la pandémie du Covid-19. Reprise un peu partout sur le web et sur la chaine américaine Fox News, « les marchés reprennent leurs opérations de la même manière qu’ils le faisaient avant le coronavirus », notamment à Guilin, dans la province chinoise du Guangxi. Une province par ailleurs connue pour abriter le cruel festival de Yulin. Chiens et chats apeurés seraient entassés dans des cages tandis que des chauves-souris, au cœur des inquiétudes liées à l’origine du Covid-19, seraient proposées à la vente pour la médecine traditionnelle. 

« Tout le monde ici croit que l’épidémie est terminée et qu’il n’y a plus rien à craindre, renchérit un correspondant du MailEn ce qui les concerne, ce n’est plus devenu qu’un problème d’étrangers. » Toutefois, les informations traitant d’un éventuel retour des animaux sauvages dans les « wet market » (marchés humides où se vendent généralement des animaux aquatiques et parfois des animaux sauvages) sont à prendre avec du recul, même si l’inquiétude d’un retour est légitime.

En Indonésie, des chauves-souris sont également présentes dans certains marchés.

Le commerce d’animaux sauvages interdit en Chine mais…

Possible que des ventes illégales se produisent directement depuis les entrepôts d’animaux sauvages.

« Les marchés humides représentent une faible partie des marchés chinois, explique Peter Li, expert des politiques publiques en Chine pour Humane Society International (HSI). La plupart de ces marchés ne possèdent pas d’animaux sauvages mais auront à la place d’autres espèces non inclues dans l’interdiction comme les espèces aquatiques, les chiens, les chats, les lapins, les canards etc… Jusqu’à présent, les informations dont nous disposons sont que la plupart de ces marchés dans les zones urbaines ont été fermés. Mais il est possible que des ventes illégales se produisent directement depuis les entrepôts d’animaux sauvages entre certains commerçants et propriétaires de restaurants qui achètent à bas prix et les stockent dans des congélateurs pour une utilisation ultérieure. » S’ils ont constaté la réouverture du marché en question, les enquêteurs de l’association n’ont pas aperçu d’animaux sauvages en vente. Il y avait en revanche des chiens, des chats et des lapins…

Le retour à la vente d’espèces sauvages n’est peut-être pas corroboré, l’inquiétude demeure quant à l’utilisation d’animaux, comme la chauve-souris ou le scorpion, dans les médecines traditionnelles non concernées par l’interdiction nationale. L’ONG de protection animale Animals Asia, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, souligne effectivement que si la Chine a décidé d’interdire la consommation d’animaux sauvages, ces dernières restent à la merci de la médecine. « Selon l’Administration d’État des forêts et des prairies, les espèces sauvages utilisées dans la recherche scientifique, la médecine et l’exposition étaient exclues de cette interdiction », rappelle Animals Asia.

Interdire (définitivement) tout commerce d’espèces sauvages

« Le moyen de prévenir de nouvelles épidémies est d’arrêter ce commerce, tonne Steve Galster, environnementaliste américain et fondateur de Freeland, organisation luttant contre le trafic de la faune sauvage. La Chine a mis en place une interdiction, mais celle-ci doit être permanente car elle est le plus grand importateur d’animaux sauvages au monde. La plupart des espèces sauvages sont trafiquées par des gangsters. Ce n’est pas un commerce réglementé, il n’est donc pas étonnant que des infections et des virus se propagent. Ces marchés sont des bombes à retardement. »

La Fondation 30 Millions d’Amis appelle tous les pays concernés par ce commerce cruel de l’interdire sur le long terme pour le bien de la faune sauvage… mais aussi de l’humanité.

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