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Shelter dogs begging to be adopted

Craintes et contraintes concernant l’adoption des animaux en plein confinement

A compter du 16 avril, adopter un animal en refuge est possible, selon une mesure dérogatoire du ministère de l’Intérieur. Pourtant, des interrogations subsistent sur les refuges qui seront autorisés à réaliser ces adoptions tant les informations officielles ont été confuses. Quant à la Fondation 30 Millions d’Amis, elle s’inquiète des possibles dérives d’un tel dispositif et craint des adoptions de « circonstance » préjudiciables au bien-être animal.

L’annonce était attendue par certains, redoutée par d’autres. Jusqu’ici exclus des dérogations ministérielles du confinement, les refuges sont autorisés à procéder à l’adoption de leurs animaux de compagnie sous certaines conditions, à compter du 16 avril. C’est le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui l’a confirmé dans un communiqué : « (…) sur proposition de la cellule interministérielle de crise, il a été décidé qu’une tolérance sera accordée concernant les déplacements pour l’adoption d’animaux en refuge ».

Une communication précipitée qui a semé la confusion générale, seuls la soixantaine de refuges de la SPA nationale ayant été mentionnés… Or la France compte plus de 400 refuges indépendants qui recueillent des animaux abandonnés. Suite à ce cafouillage, le ministère de l’Intérieur a rectifié en précisant que « tous les refuges pouvant se conformer aux règles du dispositif sont concernés ». 

« Cette erreur est effectivement dommageable pour tous les autres refuges, commente Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes (LaREM) et vétérinaire. Heureusement, cela a été rapidement corrigé à ma demande. L’ensemble des refuges – autres que SPA – qui recueillent des animaux font aussi un immense travail sur tout le territoire. Il faudra réfléchir à des solutions pour mieux les représenter. Je m’y attèle. Par ailleurs, la Fondation 30 Millions d’Amis, qui aide de nombreuses structures en France, aura un rôle très important à jouer. »

Choix de l’animal sur le web, attestation délivrée par le refuge…

« Dans cette crise où bon nombre d’êtres humains meurent, ce sujet a échappé à la vigilance du gouvernement, poursuit le député Loïc Dombreval. Ce qui est important à rappeler, c’est qu’il n’y a pas de surcharge des refuges. Mais il y avait un problème évident à régler pour soutenir ces refuges se retrouvant en difficulté par l’impossibilité de faire adopter en cette période. »

Dès lors, quelles sont les contraintes imposées pour accéder à l’adoption durant le confinement ? « Afin de limiter les risques [de propagation du Covid-19, NDLR], des règles strictes devront être respectées, explique le ministère de l’Intérieur. L’animal devra être choisi en amont sur le site internet du refuge en question. Un rendez-vous précis sera fixé et le refuge concerné émettra une attestation dématérialisée comportant le nom de l’adoptant ainsi que l’horaire du rendez-vous. Enfin, à l’heure du rendez-vous, le candidat à l’adoption devra se déplacer seul et être muni, en plus de l’attestation délivrée par le refuge, de l’attestation de déplacement dérogatoire avec la case pour « motif familial impérieux » cochée ». Un cadre strict qui exclut les refuges ne disposant pas de site Internet pour présenter leurs animaux à adopter.

Face à la crainte légitime d’adoptions « opportunistes », la Fondation 30 Millions d’Amis s’inquiète

Suite aux annonces du ministère de l’Intérieur, si de nombreuses voix se sont félicitées de ces mesures dérogatoires, d’autres se sont élevées pour exprimer leurs craintes : les critères autorisant ces adoptions permettent-ils raisonnablement à des refuges déjà en manque de personnes pour s’occuper de tous les animaux dont ils ont la charge, de mobiliser une personne affectée à ces placements ? Les refuges auront-ils la possibilité de s’assurer de tout le sérieux des candidats à ces adoptions ?…

De son côté, la Fondation 30 Millions d’Amis appelle à la plus grande vigilance ! Il conviendra de faire toute la pédagogie et la sensibilisation pour que l’on n’assiste pas dans les jours qui viennent à des adoptions « low-cost » de circonstance, de personnes confinées qui tout à coup souhaiteraient trouver une compagnie opportune, de personnes qui verraient dans cet animal adopté à la hâte un motif supplémentaire de sortie dérogatoire…

De nombreux refuges font déjà part de leurs réserves en indiquant qu’un animal ne s’adopte pas « par internet ou sur catalogue ». Ce sera à chaque structure de décider si elle souhaite (ou pas !) « ouvrir » son refuge aux adoptions.

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