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Dordogne : deux agents d’Enedis en garde à vue après une coupure sauvage d’électricité.

Ils ont été interpellés pour « mise en danger de la vie d’autrui. »

Deux agents d’Enedis ont été placés ce mercredi en garde à vue après une coupure sauvage d’électricité, apprend-on auprès du parquet de Périgueux et de la société. Les syndicalistes ont été interpellés dans le cadre d’une enquête sur une coupure sauvage d’électricité, le 10 janvier, dans une entreprise du département classée Seveso.

Les deux agents ont été placés en garde à vue mercredi matin à la gendarmerie de Neuvic dans le cadre d’une enquête pour « mise en danger de la vie d’autrui », a-t-on indiqué au parquet,sans plus de précision.

L’enquête faisait suite à une plainte déposée par l’entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), après une coupure sauvage d’électricité qui avait duré trois heures le vendredi 10 janvier, selon Enedis. Outre l’entreprise, Enedis avait aussi déposé plainte.

« Sacré changement de méthode »

Les deux agents, membres de CGT-Energie, travaillait à la base opérationnelle de Mussidan et ont été interpellés pour l’un d’eux au moins à son domicile, a assuré Francis Dezile, secrétaire général de la CGT Energie-Dordogne. Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblés en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic en soutien de leurs deux collègues, a-t-il dit.

Il a ajouté qu’une nouvelle coupure avait été effectuée ce mercredi matin dans la même entreprise « en solidarité » avec les deux interpellés.

Ce dernier n’était pas en mesure de confirmer si ces gardes à vue étaient une première pour des coupures d’électricité, mais il a dénoncé un « sacré changement de méthode » et un traitement des syndicalistes « comme des délinquants ». 

« C’est une réponse répressive au lieu d’une réponse politique à des questions sur la réforme des retraites », a-t-il déclaré. « On est mis au même niveau que des voyous, alors que nous sommes des salariés qui luttons contre cette réforme »

Procédures disciplinaires?

Le directeur régional d’Enedis pour l’Aquitaine nord (incluant la Dordogne), Thierry Gibert, a indiqué ne pas vouloir présager de l’enquête, mais sera « très attentif » aux résultats de celle-ci, et se réserve d' »engager des procédures disciplinaires qui peuvent aller jusqu’au licenciement », pour ce qu’il a qualifié de « faits graves ».

Il a précisé que ce placement en garde à vue d’agents d’Enedis suite aux coupures récentes était une première sur le réseau Sud-Ouest, mais n’était pas en mesure de le confirmer au niveau national.

Depuis le début du mois de décembre, Enedis a déposé 12 plaintes en Dordogne, 11 plaintes en Gironde et dans le Lot-et-Garonne pour des coupures d’électricité sauvages

Enedis, a réaffirmé Thierry Gibert « respecte bien sûr le droit de grève », mais condamne fermement des actes tels que des coupures sauvages, susceptibles de créer des situations de danger », et « portera plainte systématiquement ». La direction régionale, qui couvre Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, a ainsi déposé 34 plaintes depuis début décembre, a-t-il souligné.

Mardi lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe a demandé que ces types d’actes soient « sanctionnés ».

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