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Édouard Philippe : «Le temps du confinement peut durer encore quelques semaines»

Edouard Philippe a annoncé ce lundi soir sur TF1 de nouvelles restrictions concernant les sorties ainsi que la fermeture des marchés, mais pas question de confinement total.

«Il n’y aura pas de confinement total, car il y aurait plus de maux que de guérisons.» Par ces mots, prononcés devant les autorités religieuses et morales lundi matin, Emmanuel Macron a clos le débat qui montait depuis plusieurs jours. Tout au long du week-end, des médecins notamment sont montés au créneau pour demander une quarantaine bien plus stricte. «Le confinement absolu n’est pas la panacée, car la société s’écroule et après, comment la reconstruit-on? Il faut réduire les contacts, mais pas les liens sociaux», insiste le chef de l’Etat.

D’autant que ce régime d’exception sera maintenu au-delà des quinze jours initialement décrétés… Comme attendu, le Premier ministre, Edouard Philippe, invité du 20 Heures de TF1, prévient : «Le temps du confinement peut durer encore quelques semaines».

«Il faudra que les gens mangent»

Danger majeur aux yeux du couple exécutif : de possibles pénuries. Alors, la France en reste au «confinement tel que défini», selon les termes employés lundi soir par le chef du gouvernement. «Un confinement total pourrait avoir des répercussions pires que la crise sanitaire, avec des problèmes d’approvisionnement dans les supermarchés, des émeutes… On ne peut pas nourrir 70 millions de Français en faisant des livraisons à domicile, sauf à mettre en place un rationnement!», décrypte un proche du chef de l’Etat, qui épingle «une forme d’inconscience de ceux qui nous demandent d’interdire à tout le monde de sortir». Autrement dit par Edouard Philippe : «Il faudra que les gens mangent.» Mais aussi, songeant à la période de l’après-crise : «Il faudra bien que le pays reparte ensuite.»

Pour autant, à la suite de l’avis rendu dimanche soir par le Conseil d’Etat, le Premier ministre dévoile de nouvelles mesures pour une application plus complète. «Le confinement tel que défini», mais «appliqué strictement», dit-il. En clair, l’exécutif estime, comme le dit sa porte-parole, Sibeth Ndiaye, que «durcir le confinement, c’est déjà réussir à le faire respecter correctement». Il s’agit aussi de se plier à la demande du Conseil d’Etat qui, saisi par des médecins, a «enjoint» au gouvernement de lever l’ambiguïté sur certaines autorisations de déplacements.

D’où les précisions apportées dans la soirée par le chef du gouvernement. Les sorties pour promener ses enfants ou pour faire du sport? «Ça doit être dans un rayon de 1 km de chez soi au maximum, pour une heure, et évidemment tout seul, et une fois par jour.» Conséquence, une nouvelle mention fera son apparition dans les attestations sur l’honneur : l’heure de sortie. Quant aux rendez-vous médicaux, ils devront être justifiés par «des soins urgents ou qui répondent à une convocation d’un médecin». Le chef du gouvernement confirme, en outre, être favorable à la mise en place de couvre-feux, «là où c’est nécessaire, là où la situation sanitaire l’impose».

La pression s’accroît sur le gouvernement

Tour de vis supplémentaire, en revanche, sur les marchés alimentaires à ciel ouvert, point qui faisait débat au sein du gouvernement : ils seront fermés. Des dérogations seront toutefois autorisées là où il s’agit du «seul» moyen d’avoir «accès à des produits frais». Comme nous le confiait un ministre, «les papys et mamies, pour certains, c’est le seul endroit où ils s’approvisionnent». Alors, il sera permis aux préfets, sur avis des maires, de déroger à cette interdiction. Philippe plaide, en outre, pour une «réserve civique» afin d’aider les plus âgés

Le décret étant signé lundi soir par le Premier ministre, les nouvelles mesures prendront effet dès ce mardi matin. Tandis que la pression s’accroît sur le gouvernement, Edouard Philippe, demande du «temps» pour que les effets du confinement soient perçus. Et s’il considère selon son entourage, que ces nouvelles règles de vie «commencent à infuser», il martèle ce message : «Respecter strictement, très strictement» les consignes.

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