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Facebook présente le conseil des sages qui sera l’arbitre ultime de la modération des commentaires.

Cette instance indépendante tranchera sur les problèmes touchant à la liberté d’expression, au harcèlement , la haine, les insultes, les gros mots. Les commentaires indésirables seront supprimés, et pouvant aller jusqu’à la suppression du compte sans préavis.

Comme le grand philosophe Oncle Ben le dit dans Spider-Man, « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ». Et alors que les pouvoirs de Facebook sont immenses, l’entreprise a décidé, après des années de polémiques, de confier la responsabilité ultime sur la modération à un conseil des sages. Cette instance indépendante sera chargée de trancher sur les contenus les plus sensibles touchant à la liberté d’expression, au harcèlement ou à la haine. Mercredi, Facebook a dévoilé l’identité des 20 premiers membres de cette Cour suprême qui en comptera à terme 40. Face à plus de 2,5 milliards d’utilisateurs du réseau, leur tâche s’annonce immense.

Une lauréate yéménite du Nobel de la Paix, une ancienne Première ministre danoise, un ex-patron du Guardian, des professeurs de droits… Facebook a placé son conseil sous le signe de la diversité et de la parité, avec des personnalités représentant un large éventail de pays, de langues et d’horizons : on compte cinq personnes pour l’Amérique du Nord, quatre pour l’Europe, trois pour l’Asie-Pacifique, et deux pour l’Amérique latine, l’Afrique sub-saharienne, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud. Facebook a choisi les quatre membres fondateurs, qui ont recruté les 16 autres.

Des CV de haut niveau

Facebook s’engage à rendre publiques toutes les décisions prises par son conseil de surveillance « tout en protégeant l’identité et la vie privée des personnes impliquées ». Le puissant réseau ne pourra en revanche pas révoquer les membres ou le personnel du conseil, qui s’appuiera sur un fonds de 130 millions de dollars. Et le conseil disposera d’une autorité absolue : Mark Zuckerberg ne pourra pas aller contre ses décisions.

« Nous construisons essentiellement un nouveau modèle de gouvernance de la plateforme », a estimé l’ancienne Première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt, coprésidente avec trois autres membres dont Catalina Botero Marino, avocate colombienne et ancienne rapporteure spéciale pour la liberté d’expression à la Commission interaméricaine des droits de l’Homme. Parmi les autres membres, on trouve également la lauréate yéménite du Nobel de la Paix 2011 Kolkata Abdel-Salam Karman par ailleurs journaliste, militante et femme politique engagée dans la défense des droits des femmes, ou encore l’avocate franco-camerounaise Julie Owono, directrice de l’ONG Internet sans frontières.

Parmi les hommes, Andras Sajo, ancien juge hongrois et vice-président de la Cour européenne des droits de l’Homme, et Alan Rusbridger, ancien rédacteur en chef du quotidien britannique The Guardian, qui a donné une visibilité mondiale au groupe après les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden. Rusbridger est sans doute l’un des membres qui a été le plus critique de Facebook, estimant que le réseau « donne une voix à ceux qui n’en ont pas, mais est également un catalyseur du côté obscur. »

« Pas la police d’Internet »

Débat sur la nudité, harcèlement, incitation à la haine ou au génocide (Facebook notamment tardé à réagir à la propagande, sur son site, de l’armée birmane contre la minorité rohingya)… Les polémiques n’ont pas cessé ces dernières années. Alors que l’intelligence artificielle a encore beaucoup de mal à trancher sur des questions de société, Facebook s’appuie sur des dizaines de milliers de modérateurs humains qui travaillent dans des conditions infernales.

L’ancien juge fédéral américain, Michael McConnell, également coprésident, a d’ores et déjà indiqué que le conseil ne serait pas en mesure de traiter tous les litiges tant le volume est important. La priorité sera donnée aux cas qui pourraient créer des précédents, ceux qui affectent un grand nombre d’utilisateurs ou qui peuvent avoir un effet sur les discours publics. « Nous allons devoir sélectionner peut-être quelques fleurs, ou peut-être que ce sont des mauvaises herbes, dans un champ de possibilités », a-t-il décrit de manière imagée. « Nous ne sommes pas la police d’Internet », a-t-il en revanche insisté. « Il ne faut pas nous voir comme une équipe d’intervention rapide (…) Notre travail consiste à examiner les appels, à fournir un second regard délibératif après coup », a-t-il ajouté.

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