Accueil / Actualités / France / « J’en ai marre », « trouver du sens à ma vie»… Après le confinement, certains vont tout quitter pour changer.

« J’en ai marre », « trouver du sens à ma vie»… Après le confinement, certains vont tout quitter pour changer.

L’enfermement lié au confinement aura donné lieu à des remises en question pour tout le monde, mais pour certains plus que d’autres.

« Je vais tout plaquer pour devenir éleveur de chèvres dans le Larzac. » Alors oui, on est habitués à ce que des proches nous fassent part de ce genre d’envies. Et, on doit bien l’avouer, habituellement on n’en tient pas plus compte que ça. Sauf que le confinement est passé par là et que les simples remises en question ou projets illusoires ont commencé à prendre un tournant plutôt concret pour certains.

Comme toute la population, ont eu pléthore de temps pour faire le point sur leur mode de vie. Et s’il y a une chose qu’ils ont en commun, c’est qu’ils n’en veulent plus telle quelle. Petits ou grands changements, pour eux demain sera différent. Frank a fait le tour de la question : « Je suis né en 1986, je n’ai pas connu de guerre, mais je vais connaître une pandémie. Ces tournants de l’Histoire nous appellent à repenser ce que l’on est, qui l’on est. Ma vie d’après, c’est une vie tournée beaucoup plus sur le local. Pas de voyages, pas de tourisme de masse mais au contraire, un rapprochement vers la nature. Loin de la ville et de ses tumultes… Une vie tranquille, paisible… Je ne veux plus de cette vie où tout doit aller vite. », développe-t-il. Une envie de se mettre au vert que partage Stéphanie : « Je voudrais retourner vivre à la campagne, près de mes parents, avoir un jardin potager, des poules, un chien… »

Je t’aime, je ne t’aime plus

La crise du coronavirus aura contraint des couples à rester éloignés, tandis qu’elle en aura enfermé d’autres, dans des logements parfois exigus. Si, rassurez-vous, cela peut très bien se passer, pour d’autres le confinement aura été la goutte d’eau. Que ce soit pour remédier à l’absence de l’être aimé, ou bien pour s’en éloigner définitivement. Nicolas, lui, a décidé de sauter le pas : « Je vis à Paris et travaille dans le secteur de la banque. J’ai 38 ans et j’ai décidé d’aller m’installer à Lyon pour retrouver mon compagnon Arnaud. J’appréhende beaucoup ce changement mais je réalise que je ne veux pas perdre de temps. »

Tout l’inverse de ce que traverse Camille : « Je compte me séparer de mon conjoint. Le confinement m’a fait prendre conscience que nos modes de vie sont complètement différents. C’est quelque chose que je savais déjà plus ou moins après plusieurs années vécues ensemble, mais il y a eu un déclic. Un coup de projecteur brutal sur des choses trop importantes pour faire l’objet de compromis. »

Cette fois, je quitte mon job

Le manque d’activité, ou l’activité partielle, aura également eu son effet sur la relation que chacun entretient avec son travail. Parmi les témoignages que l’on a reçus, certains n’envisagent plus leur emploi de la même façon et vont même jusqu’à s’interroger sur son utilité. Une quête de sens qui poussera certains, comme Vincent, à changer du tout au tout : « Je suis collaborateur de notaire. L’épisode du Covid-19 m’aura amené de la réflexion et une remise en question des valeurs de la vie. En effet, cela m’aura fait réfléchir et m’aura ouvert les yeux que la recherche de la rentabilité n’est pas le bonheur. Je souhaite postuler dans la fonction publique, plus particulièrement au concours de professeur des écoles. De la sorte, je pense pouvoir retrouver des valeurs plus humaines et en harmonie avec moi-même. »

Un changement d’état d’esprit brutal que l’on peut également retrouver chez Nathalie : « Avant ce confinement, il m’était inimaginable de rester à la maison, mon obsession, c’était mon travail, ma carrière. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, je m’épanouis dans ce nouveau rôle de mère au foyer ! De là à dire que j’arrêterai de bosser en sortant non. Mais j’ai pris conscience que l’accomplissement de soi peut passer pas des choses plus simples et que se mettre la pression au travail n’amène pas autant de satisfaction. Je vais certainement changer de travail, trouver un job à la fois qui ait du sens mais aussi qui me permet de passer plus de temps en famille ! »

« J’en ai marre »

Si ces changements sont motivés par une envie de retrouver certaines « valeurs », ils s’imposent à d’autres, notamment dans le milieu médical : « Etant infirmière, je crois que cette crise a fini de me dégoûter de ce beau métier. Je l’aime vraiment au fond de moi, mais que l’on ne peut pas exercer dans de bonnes conditions… », regrette Nathalie. Un constat partagé par Anthony, pharmacien : « J’ai réalisé à l’occasion de cette crise que j’aurais préféré rester chez moi, confiné, plutôt que d’aller au travail la boule au ventre. Nos études ne nous ont pas préparés à ce genre de situation, et la gestion de la crise a été particulièrement mauvaise. Si on rajoute à ça l’agressivité de certains patients, j’en ai marre. J’avais choisi ce métier pour soigner les gens, pas pour être le fusible de tout le monde… »

Cinq« petites » semaines qui auront donc amorcé des virages à 180 degrés pour certains d’entre vous. En espérant que, comme Isabelle, ce temps de réflexion imposé vous incitera à « apprécier encore plus la vie. »

A voir aussi

COVID-19: LE GOUVERNEMENT ENVISAGE UN RECONFINEMENT NATIONAL POUR UN MOIS DÈS JEUDI MINUIT

Le reconfinement de la population française, qui doit être confirmé mercredi par l’exécutif, prendra effet …

Laisser un commentaire