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la résurgence du Coronavirus pour des symptômes interpellent les médecins

De plus en plus de patients atteints par le coronavirus se plaignent de la maladie, même après plusieurs semaines. Le monde médical cherche à comprendre.

« Allô, j’ai un patient à J45 » Au premier appel d’un médecin généraliste, le professeur Benjamin Davido a cru à une erreur. Des symptômes du Covid après 45 jours? « Surprenant », s’est dit l’infectiologue, référent sur la crise Covid à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). « Et puis au bout du 4e appel, vous vous posez des questions… » A présent, son téléphone sonne tous les jours. Les docteurs circonspects lui rapportent presque toujours la même histoire : en majorité des femmes, la quarantaine, souffrant d’immense fatigue, de douleurs musculaires, quatre à six semaines après le début des symptômes.

« En général, il y a un répit, ce qu’on appelle une lune de miel entre le 15e jour, date de fin de la maladie et le 30e jour, puis ça repart. Comme une bobine de fil à l’envers, les signes réapparaissent un à un, témoigne le professeur. Cette situation, c’est du jamais-vu ! C’est pour cela que ces patients, environ 5 % des cas de Covid, ne sont pas toujours pris au sérieux. »

De plus en plus de blouses blanches observent ce phénomène, qui reste « rare », précisent-ils. Selon le professeur Davido, ce sont surtout des personnes qui ont eu, durant le confinement, une forme bénigne du coronavirus. Parfois, le test qui montre la présence du virus s’avère négatif puis positif, des semaines plus tard. Les examens sanguins, eux, ne révèlent rien. Mystère.

«Un syndrome post-infectieux»

« En général, c’est l’inflammation induite par le virus et non le virus lui-même qui est à l’origine de la réapparition des symptômes. On ne sait pas exactement pourquoi, réagit Yazdan Yazdanpanah, le patron de l’infectiologie de l’hôpital Bichat, à Paris. On pense que cela arrive chez des gens qui n’ont pas développé d’anticorps, peut-être parce qu’ils sont immunodéprimés ». Son nom : « le syndrome post-infectieux ».

Au CHU de Grenoble (Isère), une étude plus large va durer six mois, centrée sur les séquelles du Covid. « Les gens se plaignent de quelque chose, donc il y a quelque chose, il faut investiguer, clame le professeur Stahl. Peut-être qu’il s’agit de dégâts provoqués par le coronavirus sur certains organes ».

Benjamin Davido, lui, n’y croit pas. « Les tests de virologie ne sont pas performants sur les formes mineures, voilà pourquoi certains n’ont pas été dépistés positifs ». Selon lui, ces signes bénins n’auraient pas été suffisants pour développer une immunité. Sa principale hypothèse? « Il est possible que lorsque les gens ont repris leur vie, après le confinement, ils ont été à nouveau confrontés au virus qui circule toujours, conséquence le système immunitaire s’active et les symptômes reviennent ». Sont-ils toujours porteurs de l’infection et contagieux? Les avis divergent. Mais le professeur se veut cependant optimiste : « Je pense que d’ici trois mois, ils iront mieux »

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