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LES ARRÊTÉS MUNICIPAUX POUR INTERDIRE LA CONSOMMATION DU GAZ HILARANT SE MULTIPLIENT

Afin de protéger les plus jeunes, plusieurs maires de France décident de sanctionner plus ou moins durement la vente de cette substance aux mineurs, et d’interdire sa consommation.

En l’espace de quelques mois, le phénomène s’est peu à peu transformé en enjeu sanitaire majeur. Dans plusieurs villes françaises, passants et automobilistes ont pu se rendre compte de l’apparition de petites cartouches métalliques jetées à même le sol, parfois en grande quantité. Derrière cette pollution se cache une réalité parfois tragique, celle de la consommation par les plus jeunes d’un gaz hilarant également appelé protoxyde d’azote.

Et comme le rapporte l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dans une fiche publiée sur son site, entre 2017 et 2019, 66 intoxications à ce gaz ont été recensées dont la moitié chez des patients âgés de 20 à 25 ans. Outre des symptômes neurologiques et neuromusculaires, ces derniers souffraient également d’atteinte des nerfs des membres, de convulsions, de coma, voire d’arrêt cardio-respiratoire.

Si le protoxyde d’azote est soumis à certaines conditions de vente sous sa forme médicale, il est principalement utilisé pour son action analgésiante, il est également commercialisé comme gaz propulseur dans ces fameuses cartouches métalliques, notamment pour les siphons de crème chantilly. Et c’est d’ailleurs là que le bat-blêsse pour de nombreux élus qui ont décidé de se mobiliser afin de réglementer un peu plus sa vente, qui en raison d’un vide juridique est restée possible même pour les mineurs.

Conséquences sanitaires et écologiques

C’est le cas du maire de Cannes, le Républicain David Lisnard, qui vient de prendre deux arrêtés municipaux qui doivent réglementer, le temps d’un été, la vente de protoxyde d’azote. Les commerces auront pour interdiction de vendre ce gaz aux mineurs tandis que sa détention et consommation est désormais interdite en centre-ville et sur le littoral. Les contrevenants s’exposent à une amende de 38 euros. Ces arrêtés s’appuient sur les conclusions de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

« J’alerte à nouveau sur le danger sanitaire et le développement partout en France du protoxyde d’azote inhalé en gaz hilarant par notre jeunesse », expliquait-il sur Twitter.

Auprès de 20 Minutes, Yves Daros, directeur de la police municipale cannoise, soutient pleinement l’action de l’élu. « On se retrouve face à un vide juridique. En attendant une loi, le maire a préféré prendre les devants alors que nous voyons le phénomène se généraliser », ajoute-t-il.

Outre le volet sanitaire du dossier, David Lisnard a également tenu à prendre à bras-le-corps le problème écologique que pose cette consommation de plus en plus massive du gaz hilarant. Pour lui, cela a des conséquences graves sur « notre environnement par les déchets des cartouches de gaz et des ballons que nous trouvons en grand nombre dans les caniveaux », notait-il dans les colonnes de Nice-Matin en juin dernier.

Les interdictions se multiplient

Le maire de Cannes n’est d’ailleurs pas le seul a avoir souhaité agir contre le phénomène. Dès 2019, le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, avait interdit la consommation sur le domaine public du protoxyde d’azote ainsi que la vente aux mineurs. Là encore, les contrevenants risquaient une contravention de 38 euros.

Même constat à Vernon, dans l’Eure, ou la mairie s’est appuyée sur des constats quotidiens « faits par la police municipale, les services sociaux, les services de la voirie et de la propreté urbaine » pour interdire fin juillet la vente de la substance aux moins de 18 ans.

https://twitter.com/VilledeVernon/status/1288337203836235776?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1288337203836235776%7Ctwgr%5E&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.bfmtv.com%2Fsociete%2Fles-arretes-municipaux-pour-interdire-la-consommation-du-gaz-hilarant-se-multiplient_AV-202008040090.html

A Viry-Chatillon dans l’Essonne, le même type d’arrêté a été pris à la mi-juillet. L’amende pour détention, consommation et vente de gaz hilarant aux mineurs s’élève à 68 euros. Auprès du quotidien Le Républicain de l’Essonne, la municipalité a justifié « une mesure symbolique qui peut au moins éviter que cela se propage. »

« On a retrouvé pas mal de capsules près du lac ou dans certaines rues près de la nationale 7. Ce sont les agents de nettoyage qui ont constaté qu’il y en avait plus que d’habitude », alertait la mairie, dépeignant une situation désormais bien connue.

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