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Les deux sangliers domestiques de Brigitte Lavoine (l’association La Maison d’Obélix) abattus juste après son décès

Deux jours après le décès de leur propriétaire, à Bolazec (29), deux sangliers domestiques ont été abattus, sur ordre de la préfecture du Finistère. Une décision qui a déclenché une vive polémique.

Elle les aimait plus que tout. Les avait élevés au biberon. Ils dormaient au pied de son lit. Obélix et son petit compagnon, les deux sangliers domestiques de Brigitte Lavoine, ont été abattus jeudi, deux jours à peine après la mort de leur propriétaire.

Le corps de cette femme de 67 ans a en effet été retrouvé, mardi 31 mars, dans la maison qu’elle louait à Bolazec (29). Une maison qui abritait également huit chats, six chiens et deux cochons domestiques issus des multiples sauvetages que la retraitée avait effectués ces dernières années. Tous ont été placés la semaine dernière, grâce à la collaboration de plusieurs associations de protection animale. Un exploit en cette période de confinement, qui sature les refuges et les familles d’accueil.

Les bénévoles avaient d’ailleurs également trouvé une solution de placement pour Obélix et son congénère, « dans un sanctuaire capacitaire fermé ». Mais en arrivant sur les lieux, vendredi matin, elles font une macabre découverte : « Il y avait une flaque de sang près du hangar et les deux sangliers étaient introuvables. On a tout de suite compris qu’il s’était passé quelque chose de grave », raconte, avec une émotion, contenue Christelle, de l’association Les Mistoufles.

Entre stupeur, colère et désarroi

Aussitôt communiquée sur les réseaux sociaux, l’information s’y répand comme une traînée de poudre, entraînant une avalanche de commentaires entre stupeur, colère et désarroi. Certains chasseurs, que la mise à mort d’un animal n’émeut pas d’ordinaire, expriment même leur tristesse.

Très vite, de nombreuses hypothèses sont avancées pour expliquer le funeste sort qui semble avoir été réservé aux animaux. Mais dans un contexte de crise sanitaire, difficile de remonter le fil des événements…

Vendredi, la maire de la commune, Coralie Jézéquel, affirmait qu’aucun arrêté n’avait été pris à leur encontre. L’Office français de la biodiversité (OFB, ex ONCFS), par la voix de son président Thierry Burlot, indiquait ensuite à son tour ne pas être intervenu dans cette affaire : « Une procédure avait été engagée, il y a quelques années, par l’ONCFS pour détention illégale d’animaux sauvages. L’un des sangliers était déclaré, l’autre pas. Mais le tribunal ayant classé l’affaire sans suite, elle n’a pas été instruite. L’OFB n’était donc pas compétent pour agir », expliquait l’élu. Tout en confirmant que les animaux avaient bien été abattus…

« Ce qui s’est passé, c’est barbare et disproportionné »

Alors, qui en aurait délivré l’autorisation ? Rapidement, des sources concordantes font état de la présence d’un lieutenant de louveterie (*), sur les lieux, la veille. S’agirait-il donc de la préfecture du Finistère, seule habilitée à mandater ce type d’auxiliaire d’État ?

Interrogée, celle-ci nous a fait parvenir sa réponse ce lundi, dans un e-mail qui confirme cette hypothèse : « Un sanglier était en mauvaise santé, se déplaçait difficilement. Les services vétérinaires ont décidé la mise à mort de l’animal. Le deuxième sanglier, détenu illégalement, présentait des risques : statut nuisible de l’espèce dans le Finistère, risque de peste porcine. De plus, son contact prolongé avec l’espèce humaine empêchait sa remise en liberté et la période de confinement ne permettait d’envisager aucune autre solution. Ces mises à mort ont bien sûr été effectuées sans faire souffrir les animaux », assure la préfecture, tout en précisant avoir reçu l’accord préalable d’un membre de la famille.

Une action en justice envisagée

Scandalisé par cette décision, Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Bardot, qui avait contacté, dès jeudi, la préfecture pour demander à recueillir l’ensemble des animaux de Brigitte Lavoine, dénonce la « méthode systématique de l’État qui consiste à abattre un animal sans réelle réflexion. C’est d’une grande lâcheté. Ces animaux ne représentaient aucune menace et des solutions de placement avaient déjà été proposées. Ce qui s’est passé, c’est barbare et disproportionné ». À ce titre, la Fondation n’exclut pas une action en justice.

Me Grillon, avocat au barreau de Paris, spécialisé dans la maltraitance animale et la faune sauvage, qui assurait les intérêts de Brigitte Lavoine, n’a quant à lui pas de mots assez durs pour qualifier l’abattage des deux sangliers : « Le corps de ma cliente est encore chaud, que l’on se précipite pour tuer des animaux auxquels elle dédiait sa vie. On ne respecte même pas une période de deuil. Y avait-il une urgence telle qu’il faille les abattre aussi tôt ? En France, on n’a pas le droit de tuer un animal domestique sans nécessité, y compris les animaux sauvages en captivité. Et quand bien même il y aurait un problème de régularité administrative sur un animal, cela n’induit en aucun cas son abattage. Il n’y avait aucune légitimité à cet acte d’une incroyable cruauté. Il faudra que les responsables rendent des comptes ».* « Préposé à la régulation des animaux nuisibles et à la destruction, dans l’intérêt public, de ceux susceptibles d’occasionner des dégâts »

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