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Michel Piccoli est décédé à l’age de 94 ans

Le comédien Michel Piccoli est mort à 94 ans. Le septième art perd l’un de ses meilleurs représentants. Sa filmographie est jalonnée de grands succès qui sont devenus des classiques du cinéma, mais aussi de nombreux films d’auteurs salués par la critique. Retour sur une exceptionnelle carrière.

Élève du cours Simon, il débute au cinéma au lendemain de la seconde guerre mondiale dans « Le parfum de la dame en noir » de Louis Daquin , il intègre aussi la célèbre compagnie théâtrale Renaud-Barraud. Dès les années 60, il partage l’affiche de nombreux longs métrages et trouve les faveurs du public et de la critique en 1963 aux côtés de Brigitte Bardot dans «Le mépris » de Jean-Luc Godard. Sur le petit écran, à la même époque il triomphe aux côtés de Claude Brasseur dans le téléfilm réalisé par Marcel Bluwal, « Don Juan ou le Festin de pierre » qui est devenu un grand classique de la télévision.

Difficile de percer « l’énigme » Piccoli

Comme il a eu un « coup de foudre » pour Godard, qu’il retrouvera en 1981 dans « Passion », Piccoli nouera des liens de fidélité avec d’autres réalisateurs. Il deviendra ainsi le comédien fétiche de Luis Buñuel, avec lequel il a tourné sept films (dont « Journal d’une femme de chambre » et « Belle de jour »), de Marco Ferreri (sept longs-métrages également, dont « La Grande bouffe »), de Claude Sautet (cinq films, dont « Les Choses de la vie » ou « Vincent, François, Paul… et les autres ») ou même de Claude Chabrol (trois films). « J’ai eu des rapports d’amitié profondément et intimement passionnels avec des hommes », commentera plus tard celui qui était aussi très proche des acteurs Ugo Tognazzi ou Marcelo Mastroianni.

Dans ses interviews, Piccoli se livrait peu, répondant aux questions intimes par d’autres questions ou par des pirouettes. Son amie et ancienne voisine de la rue de Verneuil à Paris Jane Birkin confiera un jour ne s’être jamais « aventurée au-delà de son salon ». Même Juliette Gréco, qui fut sa deuxième épouse après l’actrice Eléonore Hirt et avant la scénariste Ludivine Clerc, avouera qu’elle n’a jamais réussi à percer « l’énigme » Piccoli. « J’aime le secret, le doute, assurait ce grand discret. J’aime fouiller les autres. Je n’aime pas dire complètement ce que je pense. »**

Une vocation née à l’âge de 9 ans

Père de trois enfants (dont une fille avec laquelle il était fâché et deux enfants adoptés d’origine polonaise), marié trois fois, Michel Piccoli avait dévoilé sur le tard une liaison avec Romy Schneider. Dans le livre « J’ai vécu dans mes rêves », coécrit en 2015 avec l’ancien patron du Festival de Cannes Gilles Jacob, le comédien révélera : « Elle et moi avons eu la faiblesse de nous laisser aller à des gestes pas toujours honnêtes, mais cela n’a jamais détruit, comme on dit, l’amitié que l’on avait l’un pour l’autre »***.

Dans cet ouvrage passionnant, Piccoli racontait aussi comment était née sa vocation de comédien, à l’âge de 9 ans. C’est en jouant sur scène un conte d’Andersen que ce gamin taiseux avait découvert le double « émerveillement » d’être écouté des adultes et de raconter une histoire qui n’était pas la sienne. L’acteur se souvenait alors de cette enfance entre un père souvent absent et une mère distante, qui l’ont conçu « par hasard et par compensation » après avoir perdu un fils de 3 ans. « Pendant toute mon enfance, resté fils unique, il y avait donc ce fantôme avec moi et j’ai quelquefois eu l’impression que ma mère, qui parlait peu, ne se manifestait que pour évoquer ce frère mort », écrivait-il alors.

Ces dernières années, l’acteur regrettait que sa santé ne l’empêche de travailler. Il évoquait sa « mémoire trouée » et les assurances qui ne voulaient plus le couvrir… Il y a quatre ans, interrogé sur ce qu’il aimerait qu’on retienne de lui, il avait très humblement répondu : « Michel Piccoli a aimé son métier, il l’a servi de son mieux »****.

Les années Claude Sautet

Les Choses de la vie, 1970

À l’origine, le metteur en scène souhaite confier le rôle à Yves Montand ou Lino Ventura, tous deux refusent la proposition, Claude Sautet choisit alors Michel Piccoli. Le réalisateur qui avait signé auparavant d’efficaces polars, change complétement de cap avec cette histoire d’un homme dans la fleur de l’âge qui est victime d’un accident de la route. Dans le le coma, il revoit les moments importants qui ont jalonné son existence, notamment ses rapports avec son épouse –Léa Massari– qu’il a quitté et sa maîtresse. Cette dernière, interprétée par Romy Schneider, est éblouissante d’un bout à l’autre du film, son succès auprès des spectateurs installe définitivement sa carrière en France. L’inoubliable et émouvante musique du long métrage qui contient « La chanson d’Hélène », est signée Philippe Sarde, le compositeur attitré du metteur en scène.  

Max et les ferrailleurs, 1971

On retrouve le tandem, Piccoli-Schneider pour une histoire qui sort des sentiers battus. Max est un policier qui veut faire tomber une bande de la banlieue, il se sert d’une prostituée –Lily- et devient même au fil de l’histoire, l’instigateur du coup en préparation afin d’arriver à arrêter toute la bande. La distribution est admirable puisque l’on retrouve : Bernard FressonGeorges WilsonFrançois Périer et Bobby Lapointe. Film à l’atmosphère étrange et oppressante qui conduit à la tragédie, Michel Piccoli est au sommet de son art dans un rôle qui mélange l’amour, sa soif de vaincre et la frustration. Admirable.

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