Accueil / Actualités / France / Nord : Marie Cau, première maire transgenre de France, veut « réveiller son village »

Nord : Marie Cau, première maire transgenre de France, veut « réveiller son village »

Marie Cau a été élue pour la première fois le 15 mars dernier à la tête de Tilloy-lez-Marchiennes (Nord), où elle vit depuis 20 ans et qu’elle est bien décidée à redynamiser.

« Ce qui est étonnant, c’est que ce soit étonnant ! », sourit Marie Cau. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais depuis samedi 24 mai dernier, elle est devenue la première maire transgenre en France après avoir été largement élue à la tête de la commune de Tilloy-lez-Marchiennes (Nord).

« Félicitations, Madame le maire, on vous souhaite du courage! », lance un quinquagénaire enthousiaste, dans la rue principale de ce village de 550 habitants. « Du plaisir à travailler, pas du courage ! », réplique en riant Marie Cau, écharpe tricolore ceinte, devant la petite mairie de briques.

Aux élections municipales du 15 mars 2020, sa liste « apolitique », baptisée « Décider ensemble », a remporté entre 63,5% et 73,1% des suffrages en fonction des candidats, avec un taux d’abstention de seulement 32% (plus de 55% au niveau national). 

« Ils ont voté pour moi pour mes valeurs, pas pour mon genre »

« Toute la liste a été élue », se réjouit-elle, le regard bleu et assuré, ajoutant n’être « pas du tout surprise du résultat ». Lassés par 20 ans d’immobilisme et « un village un peu endormi, où le lien social avait disparu, les habitants voulaient du changement », analyse-t-elle.

Ils n’ont pas voté pour moi parce que je suis transgenre, ni contre, ils ont voté pour un programme et des valeurs.

Ingénieure, titulaire d’un diplôme de technicien agricole et d’un BTS horticole, Marie Cau se décrit avant tout comme une cheffe d’entreprise « à la fibre agricole et environnementale ».

Jamais élue auparavant, l’édile « démarre avec une feuille blanche, un budget quasi-nul, une école pas encore rouverte et beaucoup d’autres défis liés au coronavirus.

Mais avec une « dream team » d’une grande mixité d’âge, d’origine, et de genre.

Son genre à elle, « ça n’est pas l’important ! Elle vit ici depuis 20 ans, on voit comment elle travaille. S’ils réussissent à recréer du lien, de l’animation, c’est tant mieux pour Tilloy ! », commente Hervé Fontanel, un habitant. « Ça crée du renouveau et on parlera plus du village ! », renchérit sa voisine Marie-Josée Godefroy.

« Bâtir un village exemplaire »

Plusieurs associations ont aussi salué une « première » qui, selon la co-présidente de SOS Homophobie Véronique Godet, va « marquer l’histoire des personnes trans et de la politique française ». Un point de vue également partagé par la présidente d’Acceptess-T, Giovana Rincon :

On note aujourd’hui que beaucoup de personnes trans sont dans un processus d’émancipation, commencent à occuper des espaces publics dans lesquels elles étaient autrefois niées, avec la volonté de rendre progressivement invisible le genre, pour qu’on voit ce qu’elles apportent au collectif. 

Elle espère « voir ce type de progrès se démultiplier, jusqu’à ce qu’on élise un maire trans dans une grande ville comme Paris ».

« Le rêve » de Marie Cau serait « plutôt de bâtir un village exemplaire, démontrer que de simples citoyens peuvent faire ici des choses qu’un gouvernement tout en haut n’arrive pas à faire ».

A voir aussi

Elisa Pilarski : Une nouvelle expertise réalisée samedi 19 septembre sur Curtis !! et on attend toujours les résultats ADN ???

Demandée par la juge d’instruction dans le cadre de l’enquête, une nouvelle expertise a été …

Laisser un commentaire