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Paris confinement : le casse-tête des bénévoles chargés de nourrir les chats.

La fermeture des parcs et jardins publics inquiète les associations de défense des chats errants qui ont peur de ne plus pouvoir les nourrir ou stériliser.

En marge des histoires dramatiques qui se jouent avec le coronavirus dans les hôpitaux parisiens, il y a des scènes plus anecdotiques et pourtant délicates pour certaines personnes. Des personnes qui ont noué des liens forts avec les chats errants de la capitale notamment.

Bernadette, 86 ans, s’approche ainsi des grilles closes du parc de Belleville (XXe). Elle guette la dizaine de chats qu’elle nourrit quotidiennement depuis 46 ans. « Galipette…!, Carla…!, Samantha…! » appelle fort la retraitée. De l’autre côté des grilles « Plumeau », un chat âgé, rapplique tout de suite et dévore sa gamelle faite maison. Cependant, les autres félins ne montrent pas leur frimousse. « Avec la fermeture je ne sais pas comment on va faire, souffle-t-elle. Ils ont l’habitude de manger au centre du parc [NDLR : grand de 45 000 m2]. Même si on les appelle ils ne viennent pas, peut-être que d’ici quelques jours ils auront faim et viendront. » « Je ne comprends pas pourquoi on ne laisse pas une personne entrer pour nourrir tous les chats! Tempête Bernadette. Les responsables des parcs savent qu’il y a des animaux dedans, on ne peut pas les laisser mourir! »

Système D

Une incompréhension partagée par d’autres amoureux de ces chats comme Jean-Yves, retraité de 70 ans et promeneur régulier du cimetière Montmartre. « C’est un drame ! Ils sont une cinquantaine de chats au cimetière et lorsque j’appelle personne ne semble avoir prévu quoique ce soit » s’étrangle-t-il.

Outre l’accès impossible aux parcs, les contrôles pèsent également sur les bénévoles. Bernadette de son côté a préparé son attestation de sortie où en plus de la case « achat de première nécessité » elle a ajouté à la main « nourrissage des chats ». « Je ne fais rien de mal, rétorque-t-elle. Si d’autres ont le droit de promener leurs chiens, moi j’ai le droit de nourrir les chats » pense-t-elle savoir. Quant au risque qu’elle prend en sortant de chez elle pour nourrir les chats, elle l’écarte fataliste : « je peux tout aussi bien l’attraper en faisant mes courses alimentaires. Je mets de gants, je nettoie mes chaussures et évite tout contact de moins d’1 mètres. Ensuite si je venais à l’attraper… d’autres essayeront de faire quelque chose pour eux. »

Du côté de l’École du chat libre de Clichy, dont certains bénévoles nourrissent les chats des cimetières des Batignolles (XVIIe), de Montmartre (XVIIIe) et du Parc Martin-Luther-King (XVIIe), sa présidente a édité son propre laissez-passer. « Il faut bien justifier les déplacements des bénévoles volontaires, explique Lise Michel présidente de l’association. Ce papier officiel permet de montrer que nous sommes une association de protection animale reconnue d’intérêt général. » Pour l’instant elle ne sait pas si cette initiative sera acceptée lors des contrôles.

Le ministère de l’intérieur – seul habilité à dire quels déplacements sont permis durant le confinement – n’a pas encore répondu à notre sollicitation.

Risque de prolifération

De son côté, la mairie de Paris recommande de rester chez-soi et ajoute « si le confinement venait à durer, un travail sera mené avec les associations pour répondre à ce sujet. »

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