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Pourquoi les signalements de serpents ont-ils augmenté ? dans nos jardins.

Durant les deux mois de confinement, le réseau SOS Serpents a reçu environ 150 appels. Soit autant que pour toute l’année 2019. « Et ça continue sur un rythme élevé depuis la fin du confinement », relève l’herpétologue Matthieu Berroneau, responsable de ce réseau.

Cela veut-il dire que les serpents sont davantage sortis durant le confinement ? Certainement pas. Cette hausse serait davantage liée au fait que, étant davantage chez elles, un grand nombre de personnes a pu observer ce qu’il se passait dans les jardins. Et encore, cette explication ne serait valable que pour le début du confinement. « Comme on a commencé à parler de nous, il est probable que des gens ont tout simplement appris notre existence durant le confinement », souligne Matthieu Berroneau.

La couleuvre verte et jaune, un serpent impressionnant mais inoffensif

La plupart des espèces ont été observées « essentiellement dans la région bordelaise, parce que c’est là qu’il y a le plus grand nombre d’habitants, c’est assez logique », analyse le spécialiste. Et en réalité, les appels concernaient « en très grande majorité », une espèce en particulier : la couleuvre verte et jaune. « C’est le serpent le plus abondant de la région, et c’est aussi celui qui supporte le mieux la pression urbaine, il arrive à survivre même en ville, alors que les autres espèces sont plus sensibles au dérangement humain et à la bétonisation », explique Matthieu Berroneau.

La couleuvre verte et jaune – qui est en réalité noire et jaune – n’est pas dangereuse. « Mais elle est impressionnante car c’est un serpent qui devient très grand et qui peut mesurer plus d’1,50 m de long. C’est une espèce très vive, qui se déplace vite, et très puissante, c’est grâce à ces qualités qu’elle survit relativement bien. Et elle n’est pas très farouche. »

« Trouver ce genre d’animal dans son jardin est normal »

Alors, que faut-il faire lorsqu’on en débusque une ? Tout d’abord, « il ne faut surtout pas la détruire, c’est même interdit puisque c’est une espèce intégralement protégée, insiste l’herpétologue. Les gens nous posent souvent cette question de ce qu’il faut faire, mais en fait il n’y a rien à faire. Quand ils voient un rouge-gorge ou un hérisson, ils ne se posent pas cette question, et bien là c’est la même chose. C’est un animal complètement inoffensif. Il ne faut pas hésiter à prendre une photo et nous l’envoyer, se documenter pour apprendre comment elle vit, car c’est quand on commence à avoir de la connaissance qu’on arrête d’avoir peur. »

SOS Serpents ne se déplacera pas pour retirer une couleuvre, « parce que trouver ce genre d’animal dans son jardin est normal », sauf s’il est coincé et qu’il risque de mourir. « Après, mais c’est très rare, quand il s’agit d’une vipère aspic, là on se déplace, car c’est un serpent venimeux, et même s’il n’est pas dangereux dans le sens où il ne poursuit pas l’humain, dans de rares cas il peut mordre, et son venin est assez puissant. »

« Tout ce qui a été vu, c’était des espèces auxquelles on ne faisait plus attention »

Du côté de l’association Cistude Nature, dont fait partie Matthieu Berroneau, on se dit ravis de ce grand nombre d’appels. « Cela montre qu’on commence à toucher des gens qui jusqu’ici n’étaient pas ou peu attentionnés à la nature, assure son directeur Christophe Coïc. Ils commencent à se poser des questions, et le cas des serpents est révélateur, mais il y a eu aussi beaucoup de questions autour des insectes dans les jardins, les potagers ou les balcons. Au lieu de détruire, on interroge, et c’est vraiment positif. »

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