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Ramadan 2020 : ce qui change avec le confinement

Le mois du Ramadan doit débuter ce vendredi 24 avril 2020. Mais cette année, il se retrouve à l’épreuve du confinement et la communauté doit s’adapter à cette situation inédite.

Le Ramadan doit débuter vendredi 24 avril 2020. Un mois habituellement marqué par le tarawih, la prière collective du soir, les ruptures de jeûnes synonymes de grandes tablées et de réunions familiales. “Le tarawih est aussi fréquenté que la prière du vendredi, bien qu’il n’y ait pas de caractère obligatoire”, détaille à actu 93 Enis Chabchoub, président de l’association des musulmans de Noisy-le-Grand et ancien imam. 

Mais cette année, le Ramadan doit passer en mode confiné, lutte contre le coronavirus oblige. “Très tôt, nous avons pris la décision de fermer les lieux de culte. Et tant qu’il y aura des mesures de confinement, nos mosquées seront fermées”, rappelle Enis Chabchoub.

Prières à la maison

Dans un communiqué, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé les responsables musulmans à maintenir les mosquées fermées et incite les fidèles à accomplir leurs prières journalières chez eux. “C’est la seule attitude responsable et conforme aux principes et valeurs de notre religion dans ce contexte d’épidémie”, annonce le CFCM.

Une mesure de la situation, saluée, jeudi 16 avril 2020 par la préfecture de Seine-Saint-Denis, après une réunion avec les responsables religieux du département. « Depuis le début du confinement, les responsables religieux ont bien compris le message et sont extrêmement coopératifs. Tout va être fait pour que ce mois se passe dans les meilleures conditions, tout en respectant les impératifs du confinement », a annoncé la préfecture. 

Live des imams sur internet

Alors, comme depuis le début de la crise sanitaire, la communauté musulmane s’organise et s’adapte à cette situation exceptionnelle. “On essaye de réguler l’offre spirituelle sur internet. Bien que présents sur les réseaux sociaux, on ne s’était jamais vraiment positionnés jusqu’ici. Maintenant, l’imam fait des live et on utilise Facebook ou les emails pour maintenir le lien”, explique le président de l’association avant d’ajouter : “les prières peuvent être faites à la maison. Et ce n’est pas grave si l’on ne peut pas réciter le Coran par cœur.”

Une façon de répondre aux inquiétudes de certains fidèles. “Chez beaucoup de gens, il y a cette interrogation, “comment on va faire ?”. Selon moi, ça va être pareil, mais autrement”, philosophe-t-il. 

Pas de repas collectifs

L’Iftar, la rupture du jeûne, sera également à l’épreuve du confinement. Pas de repas collectifs à la mosquée, ni de grands repas en famille ou entre voisins. “Pour sûr, ce Ramadan aura une saveur particulière, bizarre. C’est comme si c’était Noël. On sait que c’est Noël, tout le monde a Noël en tête, mais cette année, il est bizarre”, résume-t-il.

Cette année, cet instant habituellement convivial sera réduit à l’échelle du foyer. “Ce moment risque d’être plus difficile pour les étudiants confinés loin de leur famille ou les personnes seules”, admet Enis Chabchoub.

La solidarité s’organise

Pour les plus démunis, certaines mosquées et associations ont pour habitude d’offrir le couvert pendant le mois du Ramadan. A Beauvais (Oise), l’an dernier, 450 personnes, pratiquants et non pratiquants, avaient partagé un iftar. « Malgré le confinement, l’esprit du partage de Ramadan doit s’exprimer », a rappelé le CFCM. 

A Noisy-le-Grand, alors que les mosquées ont pour tradition d’offrir une datte et un verre de lait à la rupture du jeûne en plus d’un repas collectif pour environ 150 personnes, cette année, celui-ci prendra la forme de distribution dans deux des mosquées de la ville. “Les familles ou personnes dans le besoin pourront venir récupérer des colis”.

Saint-Denis, depuis maintenant dix ans, le Secours islamique organise, chaque soir du Ramadan, un grand rendez-vous sous un chapiteau. Près de 1 200 couverts y sont servis par une centaine de bénévoles. Cette année, l’ONG a d’ores et déjà acté qu’elle ne sera pas en mesure de rouvrir le chapiteau. Mais pas question, pour autant, de renoncer à ce moment d’entraide. “Pour l’instant, plusieurs actions sont encore à l’étude, notamment des livraisons à domicile. Mais ces solutions ne sont pas encore assises. »

Rupture de dattes ? 

La question de l’approvisionnement se pose également. Les rayons des supermarchés ou supérettes sont encore clairsemés. Rupture de farine, d’œufs, mais aussi de dattes, le premier aliment traditionnellement dégusté à la rupture du jeûne. “Il y a une quinzaine de jours, nous nous sommes rapprochés d’un fournisseur et d’un élu afin d’effectuer une grosse commande de dattes et d’être certains de pouvoir en distribuer aux fidèles”, annonce Enis Chabchoub, prévoyant.

Alors que le confinement a été prolongé jusqu’au 11 mai, l’Aïd-el-Fitr, correspondant à la célébration de la fin du jeûne de Ramadan, devrait avoir lieu le dimanche 24 mai. 

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