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Rennes : crachats, insultes… dans les supermarchés, un confinement pire que le premier

Depuis fin octobre 2020, hôtesses de caisse, d’accueil, agents de sécurité subissent les foules qui se pressent dans les supermarchés ouverts sans restriction.

« Un confinement ? Quel confinement ? » Dans les supermarchés et hypermarchés, on peine à croire que cette mesure est effective. Depuis fin octobre 2020, les foules se pressent dans ces commerces restés ouverts sans limite de restriction.

« Lors du premier confinement, il y avait un filtrage à l’entrée, mais là c’est open bar », pointe Justine*, caissière dans un supermarché près de Rennes. « Du coup, les allées, les rayons et les caisses sont remplies de clients, tout le temps, vu qu’ils n’ont pas d’autres endroits où aller. »

Renforts et heures supplémentaires

« Depuis deux semaines, on ne trouve pas une minute pour relever la tête, soupire Carol, qui travaille dans un hypermarché de la ville. Ils ont augmenté nos horaires et on a dû appeler du monde en renfort. » 

Une situation vécue également par Justine, qui doit régulièrement faire appel à des collègues en rayons, pour combler les manques en caisses. « Et vu qu’une caisse sur deux est ouverte pour faire respecter les distances de sécurité, il y a toujours la queue. » 

La situation est telle que les clients s’impatientent, s’énervent et deviennent agressifs envers le personnel, quand ce sont pas des insultes et des crachats qui fusent. 

« On m’a traitée de sale feignasse parce que j’allais prendre une pause »

« On nous reproche d’être trop lents, de fermer des caisses… », se désole Christine*, hôtesse d’accueil dans un autre hypermarché de Rennes. Certains s’énervent, tapent sur les protection en Plexiglas. »

Une fois, un monsieur nous a craché dessus parce qu’on lui avait expliqué qu’il ne pouvait pas acheter un produit non-essentiel.

Christine Hôtesse d’accueil dans un hypermarché rennais

Faire les gendarmes

Ce type de comportements est relativement nouveau, assure Erwan*, préparateur de rayons dans un supermarché au nord de Rennes. « A part la folie de mars, les gens étaient plutôt polis, voire compatissants lors du premier confinement. Ils nous disaient qu’ils nous applaudissaient en même temps que les soignants. Aujourd’hui, cette période est bel et bien finie. »

Quand ils ne subissent pas directement les agressions, ils doivent faire les gendarmes pour éviter que les clients se tapent dessus entre eux. « C’est devenu n’importe quoi, peste Christine. Les gens se battent pour passer les premiers en caisse, pour avoir le dernier paquet de pâtes ou de papier toilette. »

Surtout, le personnel doit faire respecter les gestes barrières et le mètre de distance, très peu respectés tant il y a de monde dans les commerces. « Un homme a fait un scandale parce que je lui avais demandé de reculer le temps que je finisse avec la cliente avant lui, se souvient Carol. La sécurité a dû intervenir. »

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