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Seine-Saint-Denis : à Bobigny, l’office HLM annule le loyer de 4 000 foyers !

L’Office public de l’habitat a décidé de rayer d’un trait de plume les loyers d’avril, en pleine crise du Covid. Une première en France.

C’est a priori le premier acteur du logement à prendre en France une mesure aussi radicale : l’Office public de l’habitat (OPH) de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a décidé de supprimer, purement et simplement, le paiement des loyers d’avril, dont les locataires auraient dû s’acquitter début mai. 4 000 foyers sont concernés, pour un montant global de 1,6 M€.

La décision a été prise conjointement par l’OPH et la municipalité (UDI), indique un collaborateur du maire sortant Stéphane De Paoli : « Cette pandémie a un impact immédiat sur la population balbynienne, qui compte beaucoup de bénéficiaires des minimas sociaux et de demandeurs d’emploi. Nous avons décidé de privilégier le pouvoir d’achat de la population, plutôt qu’abonder un fonds de soutien économique, comme le gouvernement le demande aux collectivités. »

Travaux reportés

Le coût de la mesure sera supporté pour moitié par l’office HLM, pour moitié par la municipalité, qui évoque un financement « étalé sur cinq ans ». La mairie de Bobigny, qui n’est plus depuis le 1er janvier 2019 l’autorité de tutelle de l’OPH, lui demande néanmoins d’utiliser « tous les leviers que le gouvernement a mis à sa disposition pour faire des économies, reporter les charges possibles et les travaux qui de toute façon ne peuvent pas être réalisés pendant la période de confinement ».

La mesure va donner du grain à moudre aux associations et collectifs qui réclamaient déjà la même mesure dans d’autres villes et auprès d’autres organismes. C’est le cas d’un collectif de locataires du Franc-Moisin, à Saint-Denis, ou encore de l’amicale CLCV des locataires du Mail de Fontenay, à La Courneuve, qui a recueilli près de 2 300 signatures sur une pétition en ligne. « Cette mesure va dans le bon sens, juge Aly Diouara, son président. Elle va soulager des milliers de foyers. »

Les autres bailleurs soulignent le « risque financier » de la mesure

Mais la nouvelle ne fera pas plaisir à tout le monde, et en particulier aux autres bailleurs. Depuis le début de la crise du Covid, les gros offices de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs ont déjà annoncé une série de mesures exceptionnelles, pour aider leurs locataires à affronter le chômage partiel et la perte de revenus. Certains ont mis en place des cellules d’accompagnement social, le report ou l’étalement des paiements lorsque cela s’avère nécessaire…

Aucun n’avait cependant voulu entendre parler d’une suppression des loyers. L’office départemental Seine-Saint-Denis Habitat (32 000 logements, soit environ 85 000 habitants), qui promet d’échelonner le loyer pour les ménages en difficulté, écartait récemment l’idée d’une « mesure de suspension générale des loyers », qui ne lui semble « pas adaptée ». « Une annulation de loyer, si elle était mise en place, devrait relever d’un dispositif de solidarité nationale », estimait-on il y a quelques jours du côté de Plaine Commune Habitat (18 000 logements), en soulignant le risque financier que cela constituerait pour les offices, qui « n’ont comme ressources que les loyers ».

Plusieurs élus de Seine-Saint-Denis ont par ailleurs interpellé le ministre du Logement et de la Ville, Julien Denormandie, pour demander une revalorisation des APL et la création d’un fonds national pour aider au paiement des loyers.

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