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Seine-Saint-Denis : un trafiquant de drogue accuse des policiers d’avoir pioché dans son magot !!!

Interpellé en septembre 2018 avec 500 000 euros, Radouane M. affirme que les policiers lui ont volé de l’argent lors de la saisie. Au point de pousser une de leurs collègues au suicide ?

C’est une affaire nébuleuse où s’entremêlent le suicide d’une jeune gardienne de la paix de 22 ans, un équipage de policiers en poste en Seine-Saint-Denis à la réputation sulfureuse et un voyou, connu pour trafic de stups, interpellé avec près de 500 000 euros en liquide.

Un an et demi après son interpellation à Drancy (Seine-Saint-Denis), Radouane M., 26 ans, suspecté de blanchiment et d’association de malfaiteurs, vient de sortir de prison à la faveur du renvoi de son procès, initialement prévu le 21 avril dernier à Bobigny. Une décision « logique après plus d’un an de détention et alors que mon client dénonce la régularité de son procès-verbal d’interpellation », assure son avocat, Me Damien Legrand. Et avant son procès qui devrait se tenir l’an prochain, Radouane M. a décidé de contre-attaquer.

Après une première plainte classée sans suite, le jeune homme va ainsi en déposer une nouvelle, avec constitution de partie civile. Un juge d’instruction devrait être saisi. Radouane M. accuse en effet deux policiers d’avoir dérobé, au moment de la saisie des 500 000 euros, trois liasses de billets. Et d’avoir indirectement provoqué le suicide de leur collègue présente avec eux au moment de son interpellation? La gardienne de la paix Sylvia J., s’était en effet donnée la mort le soir même de cette saisie record. Quelques heures plus tôt, selon Radouane M., elle se serait opposée au vol de plusieurs dizaines de milliers d’euros par ses deux collègues.

Le soir même de l’interpellation, elle met fin à ses jours

Le 7 septembre 2018, les policiers de la Compagnie territoriale de circulation et de sécurité routière (CTCSR93) de Seine-Saint-Denis repèrent, à Drancy, une Citroën C3 qui circule à vive allure. Le conducteur et le passager « ne portent pas leur ceinture », et les policiers décident de procéder à un contrôle. L’équipage repère alors, « un sac de sport chargé à l’arrière du véhicule », résume le PV d’interpellation.

A l’intérieur, « des billets de banque, de monnaie européenne, conditionnés sous cellophane. » Les policiers constatent aussi « la présence d’un sac plastique Leader Price contenant plusieurs liasses de billets » : 488 270 euros au total. Une saisie exceptionnelle. Mais la joie est de courte durée au sein de l’unité. Le soir même, Sylvia J., présente avec ses deux collègues lors de l’interpellation, met fin à ses jours. Radouane M., qui ne desserre pas les dents durant sa garde à vue, est placé en détention provisoire.

Deux mois plus tard, le parquet de Bobigny et plusieurs médias reçoivent une lettre anonyme évoquant cette saisie majeure. L’auteur de la lettre, accuse les gardiens de la paix D.B. et T.M. « d’avoir volé la somme de 90 000 euros lors d’une interpellation, le 7 septembre 2018 à Drancy », « d’avoir altéré la vérité lors de la rédaction du procès-verbal d’interpellation, ce document faisant état de la présence du major D.D. alors même qu’il était absent ». Plus grave encore, l’auteur du courrier anonyme « leur attribuait également la responsabilité du suicide, survenu à la même date, du gardien de la paix Sylvia J., qui faisait partie de leur équipage ce jour-là. » Le parquet de Bobigny décide d’ouvrir une enquête, confiée à l’IGPN.

«Tais-toi, t’as rien vu»

Le 28 décembre 2018, entendu par un commandant de l’IGPN, Radouane M. livre un récit troublant de son interpellation. Selon lui, après la découverte des sacs contenant l’argent, Sylvia J. aurait lancé à ses collègues « J’appelle les renforts ». « Quand elle a dit ça, il (T.M.) lui a dit t’appelle pas, développe Radouane M., selon le PV de l’IGPN que nous avons pu consulter. Il a pris trois paquets […]. Il les a donnés à son collègue. Là, la femme a dit aux deux Vous faites quoi ? Son collègue lui a dit : Tais-toi, t’as rien vu. » Quelques instants plus tard, Radouane M. fait ce commentaire troublant : « Je ne sais pas si ça a un lien, mais sur place elle n’est pas d’accord et le soir même elle se donne la mort : ce n’est pas une coïncidence. » Le jeune homme assure aussi que lorsqu’il a demandé à porter plainte pour vol au cours de sa garde à vue à Bobigny, les policiers ont refusé. Des accusations rejetées par D.B. et T.M.

Au cours de leurs investigations, les bœufs-carottes vont pourtant découvrir la face sombre des gardiens de la paix D.B. et T.M., déjà visés par quatre procédures administratives après des signalements de collègues. Sans accuser frontalement, sans donner d’exemple précis, une dizaine de policiers en poste dans le même commissariat que D.B. et T.M. dénoncent ainsi aux policiers de l’IGPN « le comportement jugé dangereux, à la limite de la légalité et non déontologique des gardiens de la paix D.B. et T.M. », résume une synthèse de l’IGPN que nous avons pu consulter. De la jalousie selon les deux gardiens de la paix, qui mettent en avant des résultats bien supérieurs à ceux de leurs collègues.

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