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Souffrant de TOC, elle fait tout le temps le ménage : « avec le confinement, je vis un enfer »

En période d’épidémie et de confinement, Morgane, une jeune trentenaire de Cherbourg-en-Cotentin, souffre encore davantage à cause d’un trouble obsessionnel compulsif.

En période de confinement lié à la pandémie de coronavirus, Morgane*, 31 ans, de Cherbourg-en-Cotentin, est accro au nettoyage. Pour cause :  elle souffre d’un trouble obsessionnel compulsif, plus communément appelé « Toc ».

Cela provoque des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles, qui touchent le plus souvent des personnes jeunes.

Jusqu’à 7 heures de ménage non-stop

Vous nous avez contactés pour témoigner de votre histoire personnelle, après un article sur les agents d’entretien et d’hygiène… pour quelle raison ?

« Je souffre d’un Toc (NDLR : trouble obsessionnel compulsif) qui me pousse à faire sans arrêt le ménage. Il est apparu après la naissance de mon fils il y a six ans, sans doute dû à un choc émotionnel, et par peur que mon garçon soit contaminé.

Ce Toc me fait vivre un véritable enfer ! »

Comment se manifeste-t-il au quotidien ?

« Déjà, je me lave les mains de nombreuses fois par jour. Mais surtout, je passe des heures à nettoyer les sols, portes, poignées et tous les points de contact où l’on pose ses mains. Une fois, cela m’a pris sept heures non-stop ! Je fais le ménage quand mon fils part à l’école, l’après-midi puisqu’il rentre manger à la maison, et le soir après qu’il soit couché. »

Honte et incompréhension

Quelles sont les répercussions sur votre entourage ?

« Pour mon mari, c’est invivable… mais heureusement, il est compréhensif et m’aide beaucoup. Et je m’inquiète car mon fils commence à faire comme moi… A cause de ce Toc, je perds plusieurs heures par jour et on n’a pas le temps de jouer, de pratiquer d’autres activités ensemble. Désormais, les amis ne viennent plus à la maison… Quant à la famille, ils doivent enlever leurs chaussures quand ils rentrent chez nous.

Les proches ne comprennent pas la puissance de ce Toc, c’est maladif. C’est compliqué d’en parler, c’est un peu la honte… »

« Je suis épuisée »

On imagine que vous vivez très difficilement cette période d’épidémie et de confinement ?

« Je vis d’autant plus mal cette épidémie que je fais partie des personnes « à risque » car je suis enceinte de 8 mois. J’ai une peur totale que l’on attrape ce virus. Je passe encore plus de temps à tout nettoyer dans toute la maison, je ne m’arrête que pour les repas.

A tel point que mes mains sont brûlées à cause de la javel et des autres produits d’entretien que j’utilise. Ça me brûle la gorge aussi, et j’ai mal au dos. Je suis épuisée, atteinte physiquement et moralement. »

« Quand ça vous tombe dessus, c’est insupportable ! »

Avez-vous réussi à sortir de la maison malgré tout ?

« Je viens de faire mon premier drive pour les courses : on a lavé les produits à mettre au frais un par un, et on a laissé les autres dans le garage. J’ai annulé des rendez-vous, mais il a fallu que j’aille à un rendez-vous très important : ma dernière échographie. Il a fallu que je prenne sur moi, c’était une vraie mission ! »

Reconnaître ce trouble et en témoigner, c’est déjà un premier pas… Qu’allez-vous faire pour vous soigner ?

« J’ai décidé d’agir en rencontrant un psychologue. Des séances étaient prévues mais elles ont été reportées à cause du confinement.

Quand on voit les reportages à la télé sur les Tocs, on peut trouver ça marrant… Mais quand ça vous tombe dessus, c’est insupportable ! On ne voit plus les choses de la même façon.

J’ai une vraie envie de me soigner, que tout ça s’arrête, que je puisse reprendre le travail normalement après le congé maternité. Et je veux dire aux personnes qui souffrent de Tocs comme moi qu’elles ne sont pas seules. Si ça peut aider, je voudrais apporter, par le biais de ce témoignage, tout mon soutien… »

* le prénom a été modifié pour respecter l’anonymat.

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