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Toulouse : un policier abat un chien agressif avec son arme de service

Trois policiers appelés pour une dispute conjugale à Toulouse ont été attaqués dans un hall d’immeuble par un berger allemand très agressif. L’un d’eux a dégainé son Sig Sauer et tiré deux balles. Son maître a été condamné hier soir à un an de prison pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Wolf est un berger allemand de 40 kg connu pour être particulièrement protecteur avec son maître. Voire carrément agressif avec les autres. C’est désormais du passé. L’animal a été abattu par un policier, lundi soir, dans un hall d’immeuble du quartier Papus, à Toulouse. Une énième dispute de couple est survenue dans cet appartement situé au 2e étage.

Passablement aviné, Monsieur a mis Madame à la porte. Problème : c’est chez elle. « Mon compagnon me fait peur », dit-elle aux forces de l’ordre qui viennent à son secours. Et Wolf se fait très vite remarquer par ses aboiements alors qu’il est sur le balcon. Une fois devant la porte de l’appartement, le propriétaire est sommé d’attacher son chien. « Ma laisse est cassée », assure-t-il. Mais plutôt que de l’enfermer, il a ouvert la porte et l’animal s’est retrouvé en liberté dans les parties communes avec tout le loisir de poursuivre les policiers qui ont un temps quitté le hall en trombe. 

Arrivé au rez-de-chaussée pour récupérer la bête, son maître a de nouveau été prié de l’enfermer à la maison le temps de démêler le litige conjugal. « Il aboyait sauvagement. Quand Monsieur est descendu, il le tenait par le collier. Puis il l’a lâché et j’ai vu qu’il attaquait mon collègue alors j’ai fait usage de mon arme de service à deux reprises », explique le policier qui a tiré ces deux balles 9 mm. Wolf était en train de se faire les dents sur le genou d’un des trois fonctionnaires. « Il ne lâchait pas », indique la victime qui a été légèrement blessée. Pour autant, pas question de consulter ni de s’arrêter. 

« Je l’aimais beaucoup mon chien »

« Je suis profondément désolé pour l’inspecteur et j’aurais dû agir autrement, le mettre chez un voisin mais je n’ai pas percuté sur le moment. Ce n’était pas volontaire : il m’a glissé des mains. Je l’aimais beaucoup mon chien, c’était mon bébé. Je ne l’aurais jamais envoyé exprès contre la police pour qu’ils le tuent », explique, très ému, cet homme de 46 ans lors de son passage – à distance grâce à la visio-conférence – devant le tribunal correctionnel de Toulouse ce jeudi soir.

« Ce n’est pas un chihuahua ! On parle d’un molosse de 40 kilos de muscles avec une mâchoire pas moins impressionnante. Certes, il n’a pas donné l’ordre d’attaquer mais il l’a lâché et légèrement poussé dans leur direction », déplore le procureur Francis Boyer qui requiert 6 mois de prison avec maintien en détention. Et un vœu pieux : « Qu’il se sevre de l’alcool ». Lundi soir, l’éthylomètre a trahi un taux de 1,16g une heure après les faits. 

« À aucun moment les policiers disent qu’il a provoqué son chien ou qu’il était lui-même agressif. On lui a demandé de le ramener, il a pris le collier mais il lui a échappé des mains. C’est de la maladresse. Peut-être en raison de son état d’ébriété avancé ? L’arme était déjà sortie, quel est l’intérêt ? C’est une prise de risque totalement démente », plaide Me Nicolas Raynaud de Lage pour la défense. 

La cour n’a pas adhéré à cette lecture du dossier. Récidiviste en raison d’une condamnation de 2015, son casier affiche une vingtaine de mentions. Il a écopé d’un an de prison ferme. Soit le double des réquisitions du ministère public. « Nous sanctionnons des faits graves commis par quelqu’un au lourd passé pénal », a conclu le président Guichard.

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