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Transports en commun : ces questions que poserait l’obligation de porter un masque

A partir du 11 mai, le port du masque pourrait devenir obligatoire dans les transports en commun. Pourquoi ? Comment ?

Le déconfinement à partir du 11 mai devrait s’accompagner de l’obligation, pour ceux qui empruntent les transports en commun, de porter un masque quel que soit le trajet. Édouard Philippe l’a très sérieusement envisagé dimanche, lors de sa conférence de presse. La doctrine gouvernementale a évolué sur le sujet, dans un premier temps afin de réserver le stock de masques aux soignants, mais aussi parce que les grandes autorités sanitaires ne l’ont jamais préconisé pour les non-contaminés. Désormais, le masque est intégré à la stratégie gouvernementale pour réduire les risques de propagation du virus tout en permettant de reprendre une vie normale.

Pourquoi porter un masque dans les transports ?

Aux heures de pointe dans les bus et les trains bondés, impossible de se tenir à plus d’un mètre du voisin. Le masque serait donc le seul geste barrière possible. Le masque chirurgical protège de l’air contaminé qu’une personne porteuse du virus exhale en parlant, en toussant, en éternuant.

« Avec le Covid-19, on peut être contaminant un ou deux jours avant de commencer à développer des symptômes. On ne peut savoir qu’on est contaminé qu’a posteriori. Même si, d’un point de vue épidémiologique, la littérature scientifique ne permet pas d’avoir des certitudes, il peut être intéressant que tout le monde ait un masque », reconnaît Isabelle Bonmarin, responsable de l’unité de prévention des risques infections et environnementaux à Santé publique France.

Un masque et ça suffit ?

« Le lavage des mains et les gestes barrières sont essentiels et protègent plus que le masque, qui est réservé au contact rapproché », expliquait au Parisien Pierre Parneix, médecin hygiéniste au CHU de Bordeaux, il y a un mois.

De nombreux spécialistes craignent que le port généralisé du masque ne fasse oublier aux Français les exigences qui l’accompagnent : « Ne pas sortir si l’on est malade, se laver les mains et respecter la distanciation d’un mètre », énumère Isabelle Bonmarin.

Pour que la barrière du masque en soit une, des règles s’imposent : d’abord se laver les mains pour mettre son masque ; ensuite, le positionner correctement. Le masque doit être pincé au niveau du nez, couvrir jusque sous le menton, et ne pas laisser passer d’air, ce qui, en principe, ne permet pas aux hommes de conserver une longue barbe. À moins d’avoir une hygiène drastique de son visage.

Il ne faut pas non plus toucher le masque une fois qu’il est en place car c’est ce geste qui est potentiellement contaminant. S’il est mouillé par des gouttelettes, il faut le changer et tout recommencer à zéro. Enfin, une fois le trajet achevé, il faudra le jeter dans un sac fermable ou une poubelle à couvercle, et de nouveau se laver les mains.

Y a-t-il des études sur l’efficacité du masque ?

Le 3 avril, la revue Nature publiait une étude consacrant l’efficacité du masque dans une stratégie d’atténuation de la transmission des « coronavirus humains saisonniers, des virus grippaux et des rhinovirus ». Les auteurs de cette étude ont montré que le souffle d’un porteur de masque (gouttelettes respiratoires et aérosol) ne comprend pas de trace génétique d’un coronavirus alors que le souffle des non-masqués en contient dans trois à quatre cas sur dix. Mais l’étude ne porte que sur l’haleine de 242 personnes.

« En Extrême-Orient, depuis de nombreuses années, le port d’un masque anti-projections par la population est à la fois une mesure de prévention et un acte de civisme en situation d’épidémie de virus à tropisme respiratoire […]. Face à l’épidémie de Covid-19, cette mesure a contribué à une réduction du taux de reproduction à Taïwan, Singapour et en Corée du Sud », relève ainsi l’Académie nationale de médecine dans ses recommandations du 2 avril.

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