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Virus de la tomate : cinq questions sur le ToBRFV, qui menace toute la production française

Apparu en 2014 en Israël, le ToBRFV a déjà contaminé une serre en Bretagne et menace toute la production française. En l’absence de traitement pour l’éradiquer, seule l’incinération des plants contaminés permet de limiter les dégâts.

Après le coronavirus, le tobamovirus menace cette fois l’agriculture française. Le 3 février, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié une mise en garde concernant le ToBRFV, un virus qui contamine les plantes potagères, en particulier la tomate, le poivron et le piment, et potentiellement l’aubergine, les rendant non commercialisables. Pire, les plantations doivent être confinées puis incinérées pour éviter toute contamination. Avec 712 000 tonnes de tomates produites en 2018 en France, l’enjeu est de taille.

Lundi soir, le ministère de l’Agriculture a confirmé un premier cas de contamination dans une serre dans le Finistère. D’après l’AFP, trois autres exploitations « ont été identifiées comme ayant reçu le même type de plants » et font actuellement l’objet de contrôles. La contagion est d’autant plus inquiétante qu’il n’existe pas de traitement connu pour ce virus. Retour en cinq questions sur le ToBRFV.

D’où vient le virus ?

Le Tomato brown rugose fruit virus, ou ToBRFV, n’est pas nouveau. Il a été détecté pour la première fois en Israël en 2014, avant de contaminer la Jordanie. Selon l’Anses, les signalements se multiplient depuis 2018 au Mexique, aux Etats-Unis, puis en Europe, notamment en Allemagne, en Grèce, aux Pays-Bas, et en Asie. Selon le ministère de l’Agriculture, les plants infectés contrôlés en France « proviennent du Royaume-Uni mais sont issus de semences produites aux Pays-Bas ».

« Les tomates de plein champ, destinées à la transformation (ketchup, sauce tomate…), ne nécessitent pas d’importation de semences, contrairement aux tomates sous serre dont les semences sont souvent importées », explique André Bernard, président de l’interprofessionnelle de l’industrie de la tomate. Cela s’explique notamment par le faible nombre de pépiniéristes français et du coût élevé de la main-d’œuvre. Chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae), Eric Verdin tient cependant à rappeler qu’« une réglementation a été mise en place à l’échelle européenne pour protéger la filière en garantissant le bon état sanitaire des semences et plants ».

Comment se manifeste-il ?

Dans son communiqué, l’Anses décrit « des symptômes sur feuilles (chloroses, mosaïques et marbrures), ainsi que des taches nécrotiques sur les pédoncules, calices et pédoncules floraux ». Les fruits présentent des « décolorations résultant d’une maturation irrégulière, avec des taches jaunes ou brunes, des déformations et parfois des symptômes de rugosité caractéristiques, devenant ainsi non commercialisables. »

Les tomates infectées ne présentent pas de danger pour l’homme, comme nous l’a confirmé Eric Verdin, qui travaille dans l’unité de pathologie végétale du centre Inrae Paca. En revanche, « le fruit contaminé perd toutes ses qualités gustatives », estime l’Anses.

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