Accueil / Actualités / France / Visites dans les Ehpad : faut-il être plus souple ?

Visites dans les Ehpad : faut-il être plus souple ?

Les visites dans les maisons de retraite pour les proches en fin de vie sont autorisées, a rappelé Emmanuel Macron lundi soir. Mais les professionnels du secteur appellent à aller plus loin.

Les portes des Ehpad sont-elles est en train de s’entrouvrir? Lundi soir , lors de son allocution, le président de la République a souhaité que « les maisons de retraite puissent permettre d’organiser pour les plus proches, avec les bonnes protections, la visite aux malades en fin de vie afin de pouvoir leur dire adieu ». Un rappel nécessaire pour des familles et des résidents privés de contact depuis un mois. Les représentants du secteur appellent à aller plus loin.

« Ce qu’a déclaré le président n’est absolument pas une nouvelle. Nous avions, au moment de l’annonce de la suspension des visites, pointé deux cas où on ne pourrait pas les interdire, les cas de fin de vie, Covid-19 ou non, et lors de syndrome de glissement », assure la déléguée générale du Synerpa, premier syndicat des maisons de retraite privées, Florence Arnaiz-Maumé.

Pourquoi un tel rappel? Car dans certains établissements, plusieurs familles ont assuré ne pas avoir été prévenues du décès d’un de leur proche, notamment dans une résidence Korian, à Mougins (Alpes-Maritimes). Après avoir reconnu certaines erreurs, la directrice du groupe- durement touché avec plus de 350 décès liés à l’épidémie – appelle même ce jeudi au rétablissement d’un « minimum de liens sociaux entre (les) résidents et leurs proches », dans un entretien au Figaro. Avant elle, Pascal Champvert président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (ADPA), réclamait dans nos colonnes dès le 19 mars, des assouplissements des conditions de visite.

Un retour des visiteurs freiné par un manque de moyens

« Il y a urgence ! Il faut que dans le cadre du confinement général, on puisse organiser des mesures d’adaptation. Les visites des familles sont indispensables, il ne faut pas que les personnes âgées meurent d’autre chose que du coronavirus. On nous remonte des tentatives de suicide, on a des syndromes de glissement, des gens qui ne se battent plus », martèle encore aujourd’hui Pascal Champvert.

La doctrine du gouvernement pourrait-elle évoluer ? Le ministre de la Santé Olivier Véran a coupé court mardi. « Nous rendrons possible les visites du monde extérieur, des aidants, des amis et de la famille, lorsque nous aurons la garantie que la circulation du virus est devenue suffisamment faible pour que le risque soit considéré comme faible. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’autres drames humains collectifs », a-t-il déclaré sur RTL. Le retour des visiteurs est d’autant moins probable que « les moyens manquent », déplore de son côté la CGT-Santé.

Des rencontres organisées lors du week-end pascal

En attendant, si certaines maisons de retraite n’avaient pas attendu les annonces du gouvernement pour isoler leurs résidents quand il le fallait, plusieurs semaines plus tard, elles ne comptent pas empêcher familles et personnes âgées de se rencontrer. « Nous pensions organiser courant mai des espaces de liberté entre les familles et les résidents, mais finalement ça sera plus tôt », assure Florence Arnaiz-Maumé.

Dans les régions les moins touchées par le virus, des initiatives en ce sens ont déjà eu lieu pendant le week-end de Pâques, mais dans des conditions très strictes, selon elle. « Une demi-heure par famille, en extérieur, avec des masques pour tout le monde, trois mètres de distance, et désinfection de la terrasse après chaque rencontre. De ces moments nous avons reçu des photos très émouvantes », raconte la directrice.

A voir aussi

TousAntiCovid : nouvelles fonctions, suivi… Que vaut l’application qui remplace StopCovid ?

Depuis son lancement hier, l’application du gouvernement TousAntiCovid compte déjà trois millions d’utilisateurs. À quoi …

Laisser un commentaire